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Tempête de ciel bleu, montagnes enneigées et routes invitantes ont constitué notre périple d’hier. Nous sommes partis de Montréal à 9h30 et arrivé au Skye Theater (Cartage, Maine) à 16h30.

Il y a de ces endroits qui en imposent, naturellement. Celui-ci, perché sur le haut d’une montagne, a l’air de rien. Une vielle ferme, à la devanture bleue avec certaines parties de la façade à la peinture défraîchie, a été convertie en salle de spectacle. Tout est en bois, ça respire l’humilité, ça respire l’humanité. On dit que les spectateurs proviennent d’un rayon de 40 km autour.

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Après le premier spectacle de ce périple des ADL (amis de Lina Boudreau), nous sommes allés prendre un bol d’air pur. En toute complicité, nous avons assisté à une séance d’improvisation du théâtre du ciel. La Voie Lactée se prélassait, des flocons dansaient et les étoiles filaient.

Le souffle gelait dans les airs
nous regardions vers le ciel, des étoiles défilant dans nos yeux
sourires…

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Lina Boudreau, Parker Shper


Lors d’un balade à Shédiac pendant la tournée de Lina Boudreau, j’ai croisé cette sculpture que j’ai affectueusement baptisé Tacite le pêcheur.

Yves Léveillé et moi

Nous avons eu droit à la meilleure chaudrée de fruits de mer au monde! (Auberge Inn Gabrièle)

Voici le band : Jeff Richard (contrebasse), Lina Boudreau (voix), Christmas Yves Léveillé (piano) et Sylvain Picard (guitares)

Répertoire de la première partie…

Voici la superbe salle de spectacle où nous avons joué au Centre Culturel de Dieppe (La Caserne.) (Merci à Justin pour l’accueil chaleureux!)

Il n’y aura pas de pensée du vendredi aujourd’hui, seulement une musique Moanin‘ de Charles Mingus. Ça donne du mojo! Un plein d’énergie avant la fin de semaine, d’ailleurs je t’en souhaite une bonne. (Je passerai la mienne avec Lina Boudreau et Yves Léveillé au Nouveau-Brunswick.)

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Voici quelques photos prises lors de notre passage à Moncton le 5 décembre.

En répétition à l’auberge Gabriel à Shédiac… Lina Boudreau aux cordes vocales, Yves Léveillé à l’ivoire, Jeff Richard à la contrebasse et moi à la guitare.

En spectacle à Halifax en trio avec Lina et Yves

En spectacle à Moncton (on peut y voir une boucle sur l’ampli de guitare) avec Roland Gauvin chanteur et compositeur au sein du groupe 1755 (l’équivalent acadien de Beau Dommage) et Brian Coughlan saxophoniste. (On peut voir les talents de séducteurs de Roland…)

Avec le homard géant de Shédiac : il mesure 10m et pèse 30 tonnes… J’étais pas mal fier de lui serrer la pince!

En spectacle à Bathurst

À l’étoile du havre gîte à Bathurst

Au Petit Champlain à Québec, à la Place des Arts à Montréal et à l’Église de Val David

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Les endroits que j’ai adoré en voyage : le café Lotus Bleu à Edmunston et surtout la boulangerie Grains de Folie (Caraquet) et sa souriante boulangère… :)))

On quitte la ville en direction de Val David. Une fois la Porte du Nord passée, le soleil couchant pose ses éclaboussures de lumière orangée sur les montagnes enneigées. La lumière dans les chaumières nous paraît d’autant plus invitante.

Les maisons en bois colorées bordent la rue de l’Église. Un mini-zoo a été aménagé sur une rue transversale. Dans un premier enclos, il y a des lapins; dans un autre, poules et coq caquettent et dans le dernier un lama farouche et affolé est encerclé par des moutons, des canards, des chèvres et un âne. Quelques enfants jouent autour. Les parents prudents surveillent les doigts de leurs ouailles très enthousiastes à l’idée de nourir ces animaux. «Attention!»

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Ce spectacle, étant le dernier de la tournée, revêt une importance particulière. L’émotion est à son paroxysme. Lina pète le feu, Yves le vent est souriant, Rémi-Jean pétillant et moi heureux.

La foule, sans doute influencée comme le sont les enfants à la vue de la première neige, est des plus enthousiaste et participative. (Lire «y’en a qui avait pris un p’tit coup.»)

Halleluia (Leonard Cohen) La dernière pièce de la deuxième partie se termine par une magistrale cadence de Lina. Yves et moi venons lui prêter voix forte [sick!] pour la toute dernière note. Je te jure : cette dernière note était si belle que la peinture a décollé des murs… de mon coeur. Quelle façon appropriée de clôturer cette tournée!

Après avoir rangé les instruments (mes guitares dans leur étui, mon banjo dans le sien et ma voix dans sa gorge), je suis allé prendre une marche.

Délice! Les flocons virevoltent au rythme d’un temps suspendu; les maisons dorment; les gens rêvent; les dernières bûches brûlent dans l’âtre; la patinoire attend avec impatience les futurs joueurs du Canadiens.

Tout près de là, passait jadis le P’tit Train du Nord. Je me remémore ma seule visite sur ce sentier unique. C’est beau. Ce train me fait penser à nous, l’équipe de tournée qui a franchi en quelques deux semaines plus de 5000 kilomètres de route, fait sourire des centaines de spectateurs, partagé hauts et bas,  eu peur (Peur!) des conditions routières et de la conduite de notre ami, etc. Tout ça, par amour.

L’amour.

J’étais content aujourd’hui de n’avoir qu’à faire quelques kilomètres pour me rendre à la salle de spectacle.

Le défi ici relevait plutôt de trouver une place de stationnement adéquate.

J’épargne les détails du trajet concernant la construction, les (ostis) de sens uniques, la diminution de la largeur de la rue causée par l’accumulation de neige des derniers jours et le trafic. J’ai finalement trouvé un refuge pour le gros carosse argenté de location .

Ça a coûté 20$ pour moins que six heures…

Au studio théâtre de la PdA, la magie a opéré. Lina chante en tabarouette; Yves pianotte; Mathieu bassotte et je chante comme une casserole…

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Le Petit Champlain

Pour les musiciens, certaines salles de concerts revêtent une signification particulière. J’ai, par exemple, croisé certains musiciens qui rêvaient de jouer au Village Vanguard, d’autres encore se targuaient de pouvoir mourir maintenant qu’ils avaient joué au Carnegie Hall. Ma salle à moi, c’est le Petit Champlain. Cette salle est pour moi mythique car c’est là qu’on y a enregistré l’album de Vigneault Live au Petit Champlain. Cet album est pour moi la référence en accompagnement. On y retrouve un Bruno Fecteau dont les doigts bougent sur les touches d’ivoire au même rythme que les respirations de Vigneault. C’est grandiose! Je n’y avais jamais mis les pieds avant ce soir. Je suis ravi!

Ferré et Vigneault

J’ai eu le plaisir de placoter avec un homme dont le visage semblait être le mélange de ceux de Ferré et Vigneault. Cet homme c’est Ulric Breton, directeur du Petit Champlain. Un passionné aux yeux pétillants, aux anecdotes savoureuses et à la voix suave.

Scène de film

Après le test de son, nous sommes sortis pour casser la croûte. Sur la petite, chaleureuse et enneigée rue Champlain, les lumières de Noël multicolores nous éclaboussaient. Le vent dormait sur le Fleuve. Le temps flottait (encore!) sur la rue.

Hmmm…

Les bleus

J’étais bien entouré pendant le spectacle : Lina aux pyrotechnies vocales, Yves le vent au piano et l’acolyte Mathieu Deschenaux. C’était drôlement agréable. La communication se faisait en nuances synchronisées. Tout allait relativement bien jusqu’au moment où… jusqu’au moment où j’ai eu les bleus. Curieusement, différents événements hilarants et moins hilarants qui ont jalonné cette année de l’an de grâce 2010 se sont présentés à mon esprit. Ça a brassé. La fatigue aidant, mon coeur est parti en voyage quelques instants. Heureusement, une fraction de seconde plus tard mon attention s’était reposée sur mon manche doré…

Ouch! le temps passe vite. Je me rends compte que c’est important de faire ce qu’on aime avec ceux qu’on aime. Plus important encore que de le dire, le démontrer par des gestes spontanés, désintéressés.

La route

Une fois le concert terminé (tout s’est bien passé!), nous reprenons la route. Celle-ci, la tannante, la pas fine, est encore glacée. Gaëtan et moi nous relayons le volant : lui d’abord, moi ensuite. Je crois qu’à la fin de cette tournée je vais rêver à des routes enneigés et à la fée des charrues (déneigeuses!)

Le mauvais café

Tard le soir, lorsque je conduis et que je suis fatigué, il arrive fréquemment que je m’arrête pour acheter un placebo énergétique : le café! Celui de ce soir, acheté à l’endroit où Stephen Harper se vautrait lors de la réunion du conseil de sécurité de l’ONU, était particulièrement infecte.

Les pancartes

On retrouve en hiver le long des autoroutes des pancartes qui invitent les automobilistes à ralentir. Ce soir, j’ai bien ri en voyant, près de Drummondville, qu’une de ces pancartes avait été renversée par une voiture qui n’avait sans doute pas assez ralenti.

Après avoir bravé les intempéries et parcouru la distance séparant Bathurst de Montréal en 10h30, j’arrive au bercail. Je tâte mon pouls et constate avec joie que je suis toujours sain et chauve!

Demain, mardi, c’est congé. Au programme, un peu de repos et si j’ai le temps je me reposerai aussi un peu et si mon horaire le permet encore et bien…

À Shédiac, avant notre départ nous sommes allés cueillir des victuailles à l’épicerie. Au momnt de payer, j’ai arboré mon plus beau sourire, et dans un entrain certain ai demandé à la caissière s’il était possible de retirer des sous en même que le paiement. Elle me répondit d’un ton condescendant «I don’t speak french.*» (*dans ce cas-ci, French n’avait même pas de majuscule…) Son ton était une invitation à me subordonner à elle et à lui adresser la parole dans la langue du maître. Pour elle, ça avait l’air d’être l’évidence. Poliement, je lui ai fait part de ma requête en anglais. Elle a aquiescé. Après que la caissière ait balayé les articles et que j’aie payé, j’ai réarboré mon plus beau sourire et remercié la caissière aigre-douce et l’ai salué dans ma langue belle. Elle était béate de dégoût devant cet affront amical. Bon. Le français est quand même minoritaire en nombre au Nouveau-Brunswick. À chacun son combat.

En suite, nous avons roulé de Shédiac à Bathurst. Je ne conduisais pas. J’étais plutôt fatigué donc j’essayais de dormir. Toutefois, l’enthousiasme du conducteur et son goût du dépassement et des courbes me tenu réveillé tout le long du trajet. Je dû donc me résigner à garder les yeux ouverts.

C’était beau. La neige, les connifères, la lumière orangée du couchant sur les maisons blafardes qui défilaient…

Pas longtemps avant d’arriver, la «van» était tellement chargée que notre chauffeur dû en descendre pour changer  d’idée.

À Bathurst, la magie a opéré. C’était… il fallait y être.

Après la gig, nous nous sommes retrouvés dans un endroit pour le moins unorthodoxe : l’étoile du havre. Après moins de temps qu’il ne le faut pour dire le dodo du dandy dodu, notre carosse arrive à destination.

Tout d’avord, on y croit pas. Vu de face, ce gîte semble immense. À cause du nombre de décorations de Noël, je croyais plutôt avoir en face de moi la maison d’une famille de lutins d’un Père Noël acadien. C’est assez extraordinaire.

À l’intérieur, nos colorés hôtes nous accueillent chaleureusement. Derrière eux, surplombe un maigrelet sapin de 20 pieds (20 pieds!) sans doute décoré de tel sorte à être repéré de l’espasce par le Père Noël. C’est incroyable!

La nuit est bonne. Le déjeuner m’attend; je ne le fais pas attendre… 🙂

Dans quelques instants, Lina, Gaëtan, Yves le vent et moi prendront la route pour retourner à Montréal. Il fait gris. La chaussée est humide. Les coeurs légers.

Belle journée de route que ce fut hier entre Edmunston et Moncton.

Nous sommes arrivés en bien avance à notre test de son. Bon! on peut prendre notre temps. On respire.

Après le test de son, on part à la chasse aux victuailles; on sautille 50 pas et on arrive à un sympathique café de bon aloi. Je me régale de leur poulet aux oignons caramélisés et au riz pilaf. Le comble : pour dessert, je me prends un pouding chômeur et un latte (le latte n’est pas aussi bon que celui de Caraquet, le meilleur au monde, oui, oui, le meilleur.)

De retour à la salle, on se change. Plus que deux minutes, et c’est parti!

Les lumières sont tamisées, le rideau s’ouvre : Yves le vent, vêtu de sa rutilante chemise de soie rouge, foule la scène du théâtre de l’Escaouette le premier; Jeff Richard le talonne d’un pas assuré, l’oeil moqueur. Je les suis, dandy heureux en costume de scène. Puis, arrive la «star» tout sourire.

Quelques notes et c’est parti : le temps s’arrête, c’est la transe, l’alchimie, les notes et mots dansent et s’épousent.

Deux invités de choix viennent partager notre bulle :  Roland Gauvin chanteur et compositeur au sein du groupe 1755 (l’équivalent acadien de Beau Dommage) et Brian Coughlan saxophoniste.

De beaux moments, dis-je. Mémorable en fait. Oué.

Pendant le spectacle, Lina a fait quelques envolées qui avaient l’air de sortir tout droit du coeur de l’humanité. C’était sidérant et inspirant à la fois. Magique, dis-je.

Ensuite, nous virevoltons jusqu’à une soirée mondaine chez une amie (elle en a plein, des bonnes en plus) : victuailles, vin, cigares, notes et anecdotes. L’abondance et l’opulence qu’il fait bon partager. Décidément, la chaleur acadienne a un goût de revenez-y!

Ensuite, le dandy dodu que je suis entrain de devenir (dodu, surtout) se tappe un dodo de championnat bien mérité.

Un vidéo et des photos devraient suivre sous peu (pas de mon dodo, du spectacle bien sûr)

Nous quitterons dans quelques instants en direction de Bathurst, dernière étape de notre périple dans les Maritimes.