Category: Aphorisme

«La télévision fabrique de l’oubli. Le cinéma fabrique des souvenirs.»

«Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, c’est un téléfilm que vous faites.»

«- Quelle est votre ambition dans la vie? – – Devenir immortel et mourir.»

Un marathon ne commence pas par un sprint.

La corneille

Corneille, ma noire
corneille qui me saoules
opâque et envoûtante
venue pour posséder ta saison et ta déscendance
 
Déjà l’été goûte un soleil de mûres
déjà tu conjoins en ton vol la terre et l’espace
au plus bas de l’air de même qu’en sa hauteur
et dans le profond des champs et des clôtures
s’éveille dans ton appel l’intimité prochaine
du grand corps brûlant de juillet
 
Corneille, ma noire
parmi l’avril friselis*
 
Avec l’alcool des chaleurs nouvelles
la peau s’écarquillent et tu me rends
bric-à-brac sur mon aire sauvage et fou braque
dans tous les coins et recoins de moi-même
j’ai mille animaux et plantes par la tête
mon sang dans l’air remue comme une haleine
 
Corneille, ma noire
jusqu’en ma moelle
 
Tu me fais prendre la femme que j’aime
du même trébuchant et même
tragique croassement rauque et souverain
dans l’immémoriale et la réciproque
secousse de nos corps**
 
Corneille, ma noire

          – – – – –

* lors de mes premières écoutes de cette pièce sur l’album Les Douze Hommes Rapaillés vol. 2 , chaque fois que j’entendais « parmi l’avril friselis », je croyais comprendre « parmi l’homme, ils frisent unis » Inutile de dire que je ne la comprenais vraiment pas (!) Ha, ha, ha !

** secousse de nos corps dans la chanson ; secousse des corps dans le texte

© Gaston Miron, L’homme Rapaillé, Montréal, Typo, 1996

La corneille n’étant pas encore disponible sur youtube, je vous propose ici Soir tourmente/le vieil Ossian chanté par Daniel Lavoie. [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=Vpf3n4UlClA]

Voici le deuxième billet d’une série de trois billets consacré au zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc

«Pour que la flèche soit bien lancée, la détente corporelle doit être prolongé dans la détente mentale et spirituelle de telle sorte que l’esprit n’est pas seulement agile, mais libre : agile grâce à sa propre liberté et libre grâce à son agilité originelle.»

«L’objectif est de devenir complètement dénué d’ego, de telle sorte que l’âme, submergée en elle-même, se tient dans la plénitude de son origine sans nom.»

«Si cet état est atteint, ne serait-ce qu’une seule fois, il sera désormais possible de le retrouver avec certitude.»

«…céder sans résister…»

«Pour que cette activité sans action soit accomplie instinctivement, l’esprit a besoin d’un soutien interne qu’il obtient en se concentrant sur la respiration.»

«Plus l’artiste se concentre sur sa respiration, plus les stimulus externes s’évanouissent dans l’arrière-plan.»

Lors du geste artistique «la seule façon de faire face à un manque d’attention est de continuer à respirer calmement, imperturbablement, et d‘entrer en relation amicale avec l’objet de cette distraction, de s’y habituer, de le voir entièrement pour qu’enfin il se dissipe.»

«Avant même qu’il se dévoue et s’ajuste à sa tâche, invoque cette présence d’esprit et s’assure de sa présence tout au long de la pratique.»

Extraits tirés de Zen in the art of archery, Eugen Herigel, © Vintage Books edition 1971, © Pantheon Books 1953 (traductions libres)

«Chaque pièce de musique nécessite un traitement qui lui est propre.»

«Avec le bon tempo, on dirige non pas la pulsation, mais bien la musique.»

«J’aime éveiller l’imagination des auditeurs, et c’est plus facile pour moi de le faire à partir de langues inventées.»

«J’ai développé une stratégie qui implique que je compose une pièce, l’enregistre et la mixe toutes les 30 minutes.»

«Tout cet aspect de spectacle requiert un état d’esprit particulier. J’essaie d’être comme les Africains du Botswana : la musique est tellement présente dans leur mode de vie que leur vocabulaire ne contient pas de mot ou de concept pour «interprétation.»»

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=1qOQHB_V2g0]

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=iimMKWF7SK0]

 

Source :  Downbeat mars 2002 (traduction libre)

«La plupart des chanteurs s’imaginent que c’est eux que le public aime. Le public aime la chanson, pas le chanteur.»

«La scène est un endroit merveilleux : j’y vais pour m’envoler.»

«Une bonne chanson est bonne pour l’éternité et une mauvaise chanson est mauvaise pour l’éternité.»

«Je n’aime que les publics difficiles, je me bats toujours pour qu’il soit debout à la fin.»

«Un jour à Montréal, je cherchais une rue. Je demande mon chemin à un monsieur qui me répond : «Je vous y emmène ! »  À Paris, le mec m’aurait dit : «démmerde-toi! » »

«La St-Valentin, Noël, le 14 juillet ne m’intéressent pas. Tous les jours, c’est une fête.»

«J’ai souffert, donc maintenant j’ai le droit d’aller bien.»

«Il faut savoir prendre la vie avec le sourire. Au cours d’une vie, il y a plus de jours merveilleux que de coups durs.»

« Boris Vian m’appelait «l’homme qui raccourcit les heures.» »

https://elixirmusiques.com/wp-content/uploads/2009/12/la-pentatonique-mineure.jpg

Henri Salvador sur la scène du Festival des Vieilles Charrues –
© 2001 Frèd Blanc

«Je fais l’amour avec énormément de douceur, et même le meilleur sirop n’est pas aussi suave que moi.»

«Je ne cours pas après la chance, je l’espère. Le bonheur appelle le bonheur.»

«Les coups, je les attends… et ils passent sans prise sur moi. Je vois la vie en bleu.»

«Si l’optimisme était une maladie, je serais un grand malade.»

«Je suis assis dans le grand fauteuil du monde.»

«Je ne suis pas un séducteur, c’est-à-dire que les femmes viennent facilement à moi. Ce sont les femmes qui ont toujours voulu me tomber… »

«Ce qui m’inspire le plus, c’est l’aspirateur. Il aspire, et tout de suite, ça chante dans ma tête.»

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=lNtT6iVUy7E]

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=qPaZJYjUVwU]

[dailymotion id=x8zkb8]

«Au lieu de mettre en joue quelque vague ennemi – Mieux vaut attendre un peu qu’on le change en ami.»

«Le temps ne fait rien à l’affaire ; quand on est con, on est con.»

«J’aime me mouvoir dans le merveilleux, l’enfantin apparent, créer des images qui cachent des valeurs de contrebande.»

«Deviens l’artisan de ton âme, le musicien de ton silence, l’écrivain de ton génie.»

«… un type que seul le système social rend détestable.»

«Mais même si tu me démontres que tu as raison, tu ne me persuaderas pas que j’ai tort.»

Citant Gide : «que l’importance soit dans ton regard, non dans la chose regardée.»

«La musique c’est du silence qui s’éveille.»

«Autour des baraques foraines, les braves gens nous crachent au visage. Pour les uns, nous faisons figures d’extravagants, de maniaques; pour les autres, de niais, d’ignorants, de sots, de pauvres cons. C’est le meilleur signe ! Donc, nous sommes vrais !»

«mon idée fondamentale de l’oeuvre d’art : permettre aux âmes soignées d’aller au-delà de votre cri.»

«Reproches habituels : je suis un salop, un insensible, un malpropre, un homme de génie, etc.»

«Comme une âme soignée ne peut pas se payer le luxe d’être officiellement jaloux, je payerai dès ce soir un figurant qui pratiquera à ma place la jalousie courante.»

«J’ai une furieuse envie de faire le pitre.»

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[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=gznDOMKeWkA]

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Quelques citations sont tirées de

LETTRES A TOUSSENOT (BRASSENS)
Editions Textuel
224 pages
Paris 2001
ISBN : 2-84597-039-0
Ouvrage coédité avec France Bleu

«Il faudrait arriver à n’avoir que des tentations relativement nobles. Et à ce moment-là, il est urgent d’y succomber. Même si c’est dangereux. Même si c’est impossible. Surtout si c’est impossible.»

«Il nous a fallut bien du talent
Pour être vieux sans être adultes.»

«On ne meurt pas de se casser la figure. On ne meurt pas d’humiliation. On meurt d’un coup de couteau dans le dos.»

«Il nous faut écouter l’oiseau au fond des bois, le murmure de l’été, le sang qui monte en soi…»

«Il y en a qui ont le coeur si vaste qu’ils sont toujours en voyage.»

«Un enfant c’est le dernier poète d’un monde qui s’entête à vouloir devenir grand.»

«L’aventure c’est le trésor que l’on découvre à chaque matin.»

«Tout ce que l’on cherche à redécouvrir
Fleurit chaque jour au coin de nos vies.»

«Je hais la prudence, elle ne vous amène à rien.»

«Je crois que Dieu, ce sont les hommes et qu’ils ne le savent pas.»

Jacques Brel
L’AVENTURE
1958

L’aventure commence à l’aurore
A l’aurore de chaque matin
L’aventure commence alors
Que la lumière nous lave les mains
L’aventure commence à l’aurore
Et l’aurore nous guide en chemin
L’aventure c’est le trésor
Que l’on découvre à chaque matin
Pour Martin c’est le fer sur l’enclume
Pour César le vin qui chantera
Pour Yvon c’est la mer qu’il écume
C’est le jour qui s’allume
C’est le blé que l’on bat
L’aventure commence à l’aurore
A l’aurore de chaque matin
L’aventure commence alors
Que la lumière nous lave les mains

Tout ce que l’on cherche à redécouvrir
Fleurit chaque jour au coin de nos vies
La grande aventure il faut la cueillir
Entre notre église et notre mairie
Entre la barrière du grand-père Machin
Et le bois joli de monsieur le baron
Et entre la vigne de notre voisin
Et le doux sourire de la Madelon
La Madelon

L’aventure commence à l’aurore
A l’aurore de chaque matin
L’aventure commence alors
Que la lumière nous lave les mains
L’aventure commence à l’aurore
Et l’aurore nous guide en chemin
L’aventure c’est le trésor
Que l’on découvre à chaque matin
Pour Martin c’est le fer sur l’enclume
Pour César le vin qui chantera
Pour Yvon c’est la mer qu’il écume
C’est le jour qui s’allume
C’est le blé que l’on bat
L’aventure commence à l’aurore
A l’aurore de chaque matin
L’aventure commence alors
Que la lumière nous lave les mains

Tous ceux que l’on cherche à pouvoir aimer
Sont auprès de nous et à chaque instant
Dans le creux des rues dans l’ombre des prés
Au bout du chemin au milieu des champs
Debout dans le vent et semant le blé
Pliés vers le sol saluant la terre
Assis près des vieux et tressant l’osier
Couchés au soleil buvant la lumière
Dans la lumière.

L’aventure commence à l’aurore
A l’aurore de chaque matin
L’aventure commence alors
Que la lumière nous lave les mains
L’aventure commence à l’aurore
Et l’aurore nous guide en chemin
L’aventure c’est le trésor
Que l’on découvre à chaque matin
Pour Martin c’est le fer sur l’enclume
Pour César le vin qui chantera
Pour Yvon c’est la mer qu’il écume
C’est le jour qui s’allume
C’est le blé que l’on bat
L’aventure commence à l’aurore
Et l’aurore nous guide en chemin
L’aventure c’est le trésor
Que l’on découvre à chaque matin, matin.

[dailymotion id=x83aeg]

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=dCHi5apc1lQ]

«L’accent, c’est pas dans la gorge des uns, c’est dans l’oreille des autres !»

«Tout bon exilé pense que ce qui vient d’ailleurs est toujours meilleur.»

«La poésie, puisée en elle-même, n’est rien d’autre qu’un moyen d’expression et de désenvoûtement de la réalité.»

«On passe notre temps à chercher ce qui nous manque, sans vraiment savoir ce que c’est…»

«Pourquoi faut-il que la seule chose qui soit de meilleur en nous s’effrite avec le temps ?» Extraits de Contes gouttes ou le pays d’un reflet


«La vie c’est une maudite farce,
La vie c’est une maudite garce
Qui’é là pis qui t’agace
À n’importe quelle heure.» tiré de Vie d’ange


«Un cadavre est plus important
Qu’un homme en vie c’est évident
On peut pas en faire ce qu’on veut.» tiré de La Fête du Mort

 

Le Chemin des Hommes Nouveaux
«Elle est délicate et fragile
La route qui mène au fond de nous
Elle se perd dans les rues des villes
Et on la recherche de partout 

Comme voyageur en détresse
Qui ne connaît plus son adresse
Cherche un partage à tous ses maux
Fait un nuage de tous ses flots…

Elle est si simple et difficile
La route qui s’en va vers l’amour
Elle veut redécouvrir une île
Que l’on n’aperçoit pas toujours

Dans cet océan de vitesse
On n’entend plus les S.O.S.
Le capitaine et ses mat’lots
Sont naufragés sur le bateau…

Elle est implacable et tranquille
La route qui s’en va vers la mort
Tout l’équipage y fait la file
En attendant d’quitter le Port

Laissant la gloire et la richesse
Et n’apportant que c’qui en reste
Pour un voyage sans fardeau
Sur le chemin des animaux…

Elle est capricieuse et sensible
La route qui nous rejoint au bout
Dans ce p’tit coin trouble et paisible
Qui se cache en chacun de nous

Plus loin que bonheur et tristesse
Au rang des dieux et des déesses
Dans la communion des berceaux
Au paradis des grands oiseaux…

Elle est étrangère et intime
La route où nous marchons debout
Dans la froideur de nos abîmes
Le front tourné droit dedans nous

Hors de ce monde sans souplesse
Vers d’autres vies pleines de promesses
Débarrassés de tout ego
Sur le chemin des hommes nouveaux…»

«La faculté de créer ne nous est jamais donnée toute seule. Elle va toujours de pair avec le don d’observation. Et le véritable créateur se reconnaît à ce qu’il trouve toujours autour de lui, dans les choses les plus communes et les plus humbles, des éléments dignes de remarque. Il n’a que faire d’un beau paysage ; il n’a pas besoin de s’entourer d’objets rares ou précieux. Il n’a pas besoin de courir à la recherche de la découverte : elle est toujours à portée de sa main. […] à l’occasion, il tirera profit de l’imprévu que lui révèle une défaillance.»

«La musique s’affermit dans la mesure où elle renonce aux séductions de la variété. Ce qu’elle perd en richesse contestable, elle le gagne en solidité vraie.»

«Au demeurant, la meilleure attitude du compositeur en espèces sera celle d’un homme conscient de la hiérarchie des valeurs et qui doit faire un choix. La variété ne vaut que comme poursuite de la similitude. Elle m’entoure de toute part. Je n’ai donc pas à craindre qu’elle me fasse défaut, puisque je ne cesse de la rencontrer. Le contraste est partout. Il suffit de le constater, la similitude est cachée, il suffit de la découvrir, et je ne la découvre qu’à la limite de mon effort. Si la variété me tente, je suis inquiet des facilités qu’elle m’offre tandis que la similitude me propos des solutions plus difficiles, mais des résultats plus solides et donc plus précieux à mon gré. »

«Tout musique n’est qu’une suite d’élans qui convergent vers un point défini de repos.»

«Mais de même que l’oeil complète dans un dessin les traits que le peintre a sciemment négligé de figurer, l’oreille peut être appelée à compléter un accord et à suppléer à sa résolution qui n’est pas réalisée. La dissonance, dans ce cas, joue le rôle d’une allusion.»

«[…] il est essentiel au créateur qui doit sans cesse affiner son goût sous peine de perdre sa perspicacité. Notre esprit comme notre corps, requiert un continuel exercice ; il s’atrophie si nous ne le cultivons pas.»

Stravinsky, Igor, Poétique musicale, harmoniques/Flamarion, © 2000