Tag: Sébastien Ricard

À chacun son sanctuaire. Celui qui m’intéresse ici est celui des mots.

Porteur de son et de sens, les mots expliquent, compliquent, répliquent et piquent. Dans cette époque opaque, certains ont perdu leur lustre. Je pense à démocratie, en particulier, qui a été malmené par nombre de politiciens véreux et verbeux.

Utiliser à bon escient, les mots rassemblent, organisent, animent et pacifient.

Dans tous les cas, on se trouve face à un choix : «soit on s’évanouit; soit on s’épanouit.»

Voici Loco Locass qui nous invite dans leur sanctuaire [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=5YMkRVmKXPw]

LA PUISSANCE RÉVOLUTIONNAIRE EST INTACTE AU QUÉBEC. L’esprit de liberté qui l’innerve et s’en nourrit s’est manifesté tout au long de notre histoire. Ce serait même ce qui nous caractérise essentiellement. Enclavés dans un milieu qui diffère du nôtre sur les plans historique, culturel, politique et social, nous sommes animés d’un mouvement propre qui résiste à l’enfermement et révèle, « au-delà d’une uniformité institutionnelle et d’un lien juridique artificiel entre nous et les autres, le phénomène bien plus profond de notre indépendance »*. Ce phénomène, reconnu occasionnellement, demeure invisible le reste du temps et la puissance révolutionnaire reclose.

Certes, le Québec participe d’un portrait plus large, celui d’un monde ébranlé par un capitalisme féroce, soutenu par les gouvernements et travaillant sans relâche à la déchéance des États. L’emballement et les excès du marché mondial instaurent une concurrence généralisée qui échappe à toute forme de régulation, menaçant les acquis humanistes des révolutions française et américaine. Cette érosion de la démocratie, si elle affecte des États constitués, minant leurs assises et leur pouvoir, elle menace d’anéantissement une société comme la nôtre, sans constitution et qui cultive pourtant l’illusion de sa cohésion et de sa cohérence.

Dans cet état des choses, alors que les mouvements de révolte et d’indignation traversent actuellement le monde, ouvrant des perspectives qui semblaient hier impensables, ici, la tentation est vive de dénoncer cette fausse présence au monde qui désarme l’esprit révolutionnaire. Car sans cet esprit il ne saurait exister de démocratie.

* Pierre Vadeboncoeur

—-

NOUS? EST UN ÉVÉNEMENT UNIQUE DE PRISE DE PAROLE, DE RÉFLEXION SUR L’ÉTAT
DU QUÉBEC, SA DÉMOCRATIE.

C’est ce soir 20h qu’aura lieu le Cabaret Pas Tranquille. J’y prendrai part au sein du quatuor du pianiste-compositeurr Yves Léveillé.

Le Cabaret Pas Tranquille se tiendra à la Grande Bibliothèque (475, boulevard De Maisonneuve Est Montréal (Québec) H2L 5C4) : Achat de billet

N’est-elle pas mal nommée la Révolution tranquille? Si les profondes transformations de la société québécoise lors des années soixante se sont faites sans guerre civile, l’époque fut pourtant marquée d’une explosion littéraire sans pareil, de mots-canons, de mots manifestes, armés d’un nouvel esprit, chargés d’urgence et de nécessité et portés par une contre-culture revendicatrice. C’était le temps d’une effervescence culturelle époustouflante, poursuivie dans les années soixante-dix, qui trouve encore un écho, si ce n’est même une vive actualité, aujourd’hui.

Pour son ouverture, le FIL présente les meilleurs moments du Cabaret pas tranquille, un spectacle mémorable d’une durée dithyrambique de six heures en version originale, présenté une seule fois à la Grande Bibliothèque lors de la dernière « Nuit Blanche » à Montréal. Signé par la direction artistique et l’animation d’Olivier Kemeid, le spectacle nous plonge dans la fureur de vivre de l’époque, à travers des lectures et chansons interprétées avec fougue et intensité par une quinzaine de comédiens, auteurs, chanteurs et performeurs.

Les faisant renaître sur scène, Céline Bonnier et Alexis Martin incarnent André et Nicole Ferron de L’hiver de force de Réjean Ducharme, Evelyne de la Chenelière entreprend les mots beaux et sombres d’Une saison dans la vie d’Emmanuel de Marie-Claire Blais et Stéphane Crête s’en prend sans détour au lyrisme cru de Michel Garneau. Les mots des Yvon, Gauvreau, Miron et Godbout ne sont pas non plus laissés en reste, ni les chansons de Pauline Julien, du Grand Cirque Ordinaire, de Gilles Vigneault ou encore de Clémence Desrochers, mais c’est aussi l’occasion pour des auteurs tels que Catherine Lalonde ou Lise Vaillancourt de livrer leur propre réponse à l’époque et à ce qu’elle a engendré.

Bien au-delà de la nostalgie, le Cabaret pas tranquille fait sentir l’impact historique et contemporain d’une littérature engagée et contestataire, gonflée d’un désir de changement. Un rappel incontournable de la richesse contre-culturelle québécoise venue d’une époque pas si lointaine, pour raviver la mémoire et transmettre un souffle d’inspiration, grâce à un spectacle qui permet de retrouver ou de découvrir un florilège de paroles des plus essentielles.

Au sein du quatuor Yves Léveillé, j’aurai le plaisir de prendre part au Cabaret Pas Tranquille le vendredi 16 septembre, à 20 h à la grande bibliothèque (475, boulevard De Maisonneuve Est Montréal (Québec) H2L 5C4) : Achat de billet

N’est-elle pas mal nommée la Révolution tranquille? Si les profondes transformations de la société québécoise lors des années soixante se sont faites sans guerre civile, l’époque fut pourtant marquée d’une explosion littéraire sans pareil, de mots-canons, de mots manifestes, armés d’un nouvel esprit, chargés d’urgence et de nécessité et portés par une contre-culture revendicatrice. C’était le temps d’une effervescence culturelle époustouflante, poursuivie dans les années soixante-dix, qui trouve encore un écho, si ce n’est même une vive actualité, aujourd’hui.

Pour son ouverture, le FIL présente les meilleurs moments du Cabaret pas tranquille, un spectacle mémorable d’une durée dithyrambique de six heures en version originale, présenté une seule fois à la Grande Bibliothèque lors de la dernière « Nuit Blanche » à Montréal. Signé par la direction artistique et l’animation d’Olivier Kemeid, le spectacle nous plonge dans la fureur de vivre de l’époque, à travers des lectures et chansons interprétées avec fougue et intensité par une quinzaine de comédiens, auteurs, chanteurs et performeurs.

Les faisant renaître sur scène, Céline Bonnier et Alexis Martin incarnent André et Nicole Ferron de L’hiver de force de Réjean Ducharme, Evelyne de la Chenelière entreprend les mots beaux et sombres d’Une saison dans la vie d’Emmanuel de Marie-Claire Blais et Stéphane Crête s’en prend sans détour au lyrisme cru de Michel Garneau. Les mots des Yvon, Gauvreau, Miron et Godbout ne sont pas non plus laissés en reste, ni les chansons de Pauline Julien, du Grand Cirque Ordinaire, de Gilles Vigneault ou encore de Clémence Desrochers, mais c’est aussi l’occasion pour des auteurs tels que Catherine Lalonde ou Lise Vaillancourt de livrer leur propre réponse à l’époque et à ce qu’elle a engendré.

Bien au-delà de la nostalgie, le Cabaret pas tranquille fait sentir l’impact historique et contemporain d’une littérature engagée et contestataire, gonflée d’un désir de changement. Un rappel incontournable de la richesse contre-culturelle québécoise venue d’une époque pas si lointaine, pour raviver la mémoire et transmettre un souffle d’inspiration, grâce à un spectacle qui permet de retrouver ou de découvrir un florilège de paroles des plus essentielles.

Direction artistique et animation
Olivier Kemeid

Interprètes
Marc Béland, Émilie Bibeau, Céline Bonnier, Gary Boudreault, Monia Chokri, Evelyne de la Chenelière , Stéphane Crête, Raymond Cloutier, Benoît Dagenais, Sophie Desmarais, Marie-Thérèse Fortin,  Catherine Lalonde, Jean Maheux, Alexis Martin, Sébastien Ricard, Lise Vaillancourt et Maude Guérin.

Assistance à la mise en scène et régie de plateau
Catherine La Frenière

Scénographie
Cynthia St-Gelais

Éclairages et régie lumières
Anne-Marie Rodrigue Lecours

Direction technique et régie son
Olivier Gaudet-Savard

Durée du spectacle : 2 heures + entracte
COPRODUCTION FIL 2011 et BAnQ