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En 2012, inspiré par les événements socio-politiques de ce qu’on appelle maintenant Printemps Érable, j’ai composé Brûlot de printemps pour Magnitude6 (quintette de cuivre et percussion).

Je me suis imposé plusieurs contraintes afin de clarifier mes idées, de leurs donner une direction. Tout d’abord, la mélodie. Celle-ci est un calque direct du slogan entendu lors des manifestations : «La loi spéciale . . … On s’en câlice . . …» L’intervalle important ici est la tierce mineure descendante (prenons mi-do# par exemple). Toutes les mélodies de toutes les sections ont été élaborées à partir de variations de ce thème.

Ensuite, afin de démontrer la différence de discours entre celui du premier ministre et celui de la partie du peuple s’y opposant, j’ai essayé de donner des personnalités aux différentes parties. Il y a un donc un contraste marqué entre la mélodie de la trompette 1 (qui dépeint le représentant du gouvernement faisant la sourde oreille et sifflant comme une serin) et le reste de l’ensemble (qui représente en quelque sorte, la grogne de la population manifestant pour faire entendre ses revendications.)

À l’image de la turbulence du printemps, c’est une pièce qui brasse.

Les musiciens de Magnitude6 sont des virtuoses consommés :
Thierry Champs, Trompette
Frédéric Demers, Trompette
Frédéric Lapointe, Batterie
Laurence Latreille-Gagné, Cor
Samuel Lalande-Markon, Tuba
Simon Jolicoeur-Côté, Trombone

«Pour la première fois, un ensemble important d’individus sont orientés chez nous vers l’inconnu. Ils bâtissent ce qu’ils ne connaissent pas encore. Ils ne demandent pas simplement des réformes, ils ne font pas simplement une politique : tout leur être se consacre à une oeuvre qu’ils ne connaîtront pas avant de l’avoir dégagé. Ils ne sont plus aussi vulnérables aux reflux d’opinions, car ils relèvent entièrement de leur sort de créateur. La société n’est plus complètement entre vos mains : vous connaîtrez les aléas de leurs découvertes. S’ils faiblissent, s’ils composent trop, le principe dont ils sont animés fera tout de même qu’ils auront des successeurs car l’esprit créateur se transmet. Rien ne résiste mieux à la corrosion et à la contrainte que l’absolue loyauté du créateur envers son oeuvre. L’esprit de création est un principe quasi inaltérable. Je reconnais naturellement que c’est à l’école de l’art que nous le devons principalement. L’art nous aura été un maître beaucoup plus important que l’histoire, et moins équivoque.»
Pierre Vadeboncoeur dans La ligne du risque