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Une anthropologue se penche sur le côté sombre de la chanson actuelle de la chanson québécoise et des changements repères.

«Sous des airs souvent joyeux, nos artistes chantent la perte de sens et le cul-de-sac de la surconsommation, des Colocs à Loco Locass. Une critique en forme de nostalgie du lien social évacué avec notre héritage religieux. Saine complainte, juge l’anthropologue Isabelle Matte.

Les punks marginaux du «No Future» l’ont clamé. Les intellectuels l’ont annoncé aussi. Voici que la critique du capitalisme et d’un monde qui tourne à vide est rentrée dans le discours dominant et populaire. En témoigne la chanson québécoise actuelle, dont les textes regorgent de références apocalyptiques en forme de quête de sens, L’Échec du matériel de Daniel Bélanger en tête de liste.»

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L’accompagnement jazz (ou «comping») est un sujet très complexe qui nécessite, avant d’être exécuté de façon convaincante, des années de pratique personnelle et en groupe. De plus, certaines idées doivent être gardées en tête lors de la pratique du «comping» afin de mener à bien l’expérience dont peut être tout interprétation musicale.

Je vous propose ici ma traduction de quelques éléments clefs de la présentation de Mulgrew Miller (superbe pianiste jazz).

«L’accompagnement est un sujet très dense et profond, du moins beaucoup plus que les jeunes ne le pensent.

Accompagner une chanteuse ou une soliste demande une sorte particulière d’implication envers la personne accompagnée. Il ne s’agit pas de se trouver sur le pilote automatique et de faire n’importe quoi.

Lorsqu’on accompagne quelqu’un, on doit rendre cette personne confortable et lui donner un soutien approprié. Si on est un pianiste/guitariste, on doit garder en tête au moins deux sortes de soutien à la fois : rythmique et harmonique. Tout cela, sans entraver la soliste. L’accompagnateur ne doit pas prendre plus de place que la soliste. Donc, soutenir sans ensevelir la soliste.

De plus, les deux parties doivent être en accord tant sur le plan harmonique (i.e. utiliser les mêmes qualités d’accords ou des accords complémentaires) que sur le plan rythmique.

Donc, une des bonnes façons de pratiquer l’accompagnment, en particulier pour l’aspect rythmique, est de s’accompagner soi-même jusqu’à temps qu’on se sente bien avec notre accompagnement. Ça doit être agréable, car la soliste doit se sentir bien aussi avec l’accompagnement. Alors, pour s’assurer que l’on soit capable de bien le faire en groupe, on doit d’abord le faire seul jusqu’à qu’on le sente bien. Si t’es un bassiste, tu dois jouer la «walking bass» jusqu’à temps que tu la sentes bien, … par toi-même. Idem pour la batterie. Par la suite, lorsque le groupe est réuni et que, individuellement, tout le monde se sent bien avec sa propre partie, alors tout le groupe se sent bien ensemble. Personne ne s’appuie sur personne d’autre; chaque partie est complémentaire.

Donc, lorsque j’accompagne une chanteuse ou un cuivre, je fais en sorte qu’ils sentent qu’ils n’ont pas besoin d’une batterie.

Aussi, lorsque je suis chez moi, je vais m’accompagner sur un blues et… ça doit danser, c’est ça, ça doit danser!

Ça doit être agréable.»

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Bonnes expérimentations!

En musique comme en affaires, en voyage ou en cuisine, il incombe d’avoir un plan, des objectifs. Ceci nous permet d’organiser nos idées de même que les actions à entreprendre pour arriver à nos fins. Sinon, on peut perdre un temps précieux à tourner en rond.

Technique – répertoire – date de tombée – pratique

En guitare, on cible, par exemple, une technique à améliorer. Disons, le doigté («fingerpicking»).

Ensuite, pour travailler ce doigté, l’on a le choix de la méthode. Je préconise celle du répertoire. Donc, on choisit une pièce que l’on aime dans laquelle il y a du fingerpicking.

Ensuite, on détermine une date butoir réaliste à laquelle ladite pièce sera apprise par coeur. Pour le plaisir, on peut aussi décider de la présenter à un/une amie, chum/blonde, chat/chien/oiseau, facteur, etc.

Durant toutes ces étapes, il est essentiel d’être attentif à son état d’esprit, i.e. pas de soucis de performance. Le processus est plus important que le résultat. Lorsqu’on passe 20 heures à pratiquer une pièce qui dure deux minutes, aussi bien faire en sorte que ce soit agréable…

Pour que ce soit le cas, il s’agit de se concentrer sur ce que l’on aime de cette pièce lorsqu’on la pratique. Disons qu’elle rappelle des souvenirs de voyage. Alors dans la pratique, on laisse venir les images, on vit ses émotions et on devient ce que l’on joue.

C’est une expérience merveilleuse…

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En conclusion, l’atteinte d’objectifs devient, avec le temps et un peu d’efforts, une source de motivation. L’élève y récolte les fruits des efforts qu’elle y a mis.

Quels fruits récolteras-tu?

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Salut, salut!

Mega Drill,  jeu vidéo pour lequel j’ai fait la musique l’été dernier est disponible. C’est simple, facile et… gratuit. On peut y jouer ici http://bit.ly/cRot0v.

À propos du jeu… Mega Drill consiste à creuser la terre pour récolter des trésors naturels (or, diamant, rubis, etc.) Le but du jeu consiste à amasser assez d’argent pour… Faut jouer pour le découvrir…

Mega Drill est une réalisation de small interactive. Une petite entreprise de Montréal. Ils ont d’autres projets en cours, ce sera à surveiller!

J’ai composé, réalisé et mixé ces musiques à l’aide du logiciel Logic Studio 8 et un contrôleur M-Audio.

Il arrive un jour ou l’autre à la musicienne d’atteindre un plateau. À ce moment, la musicienne sent qu’elle se répète, qu’elle joue toujours les mêmes choses, bref, qu’elle tourne en rond. Ces étapes peuvent paraître difficiles sur le coup mais elles peuvent aussi contribuer, si on s’en donne la peine, à de belles découvertes musicales.

Une des méthodes agréables qui aide à «sortir» d’un plateau consiste à chercher la réponse à quelques questions :

Qu’est-ce que je veux être capable de faire?  (ex : improvier comme Joe Pass, Jouer un solo de Steve Vai, jouer le dernier tube de Leloup, «groover» comme John Mayer, utiliser des pédales d’effets, etc.) Plus l’idée de ce qu’on cherche à accomplir est précise, plus les actions à poser seront faciles à identifier.

Quelles étapes dois-je franchir pour m’y rendre? (Un prof peut-il m’aider à y parvenir?) Si l’on ne trouve pas les réponses soi-même, un prof peut être d’une grande utilité. Toutefois, il incombe à l’élève d’avoir une attitude d’ouverture face aux enseignements qu’un professeur peut lui apporter. Si ce n’est pas le cas, l’élève sentira qu’il perd son temps et fera certainement perdre celui de son prof.

Il arrive aussi parfois que l’élève soit ouvert aux enseignements du prof mais qu’il ne comprenne pas ou ne sente pas l’application de notions abordées en cours. (par exemple : gammes, arpèges, savoir nommer les notes, etc.) À ce moment, il est essentiel que l’élève continue de faire les exercices proposés par le prof afin d’éventuellement développer une meilleure compréhension de l’utilité des outils maintenant en sa possession. Si l’on fait une analogie avec le Tai chi, on peut dire qu’il est très difficile, si ce n’est pas carrément impossible, pour le néophyte de «ressentir» les premiers mouvements. Avec le temps, l’attention et le désir de comprendre et de s’améliorer, l’élève développera le sens du mouvement et de l’utilité de celui-ci.

Quelles sont les efforts que je suis prêt à faire pour y arriver? Pratiquer une heure par jour ne donnera pas les même résultats que 15 minutes aux trois jours. À l’élève de voir ce qui lui convient. La fin justifie les moyens!

La possibilité d’atteindre les objectifs est, je crois, proportionnelle aux efforts donnés, à la patience et à la capacité de faire face aux défis dans le processus d’apprentissage.

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Je suis curieux de connaître tess expériences, savoir si d’autres questions te viennent à l’esprit? écris-moi

«Ah, le bon goût! Quelle horreur. Le goût est l’ennemi de la créativité.»

Pablo Picasso

«Lorsque je discute avec plusieurs jeunes artistes peintres lors de classes que je donne dans des écoles. Je leur demande:
Pourquoi penses-tu que ce que tu fais se termine au bord de ce canevas?
Penses au cadre. Dans quel cadre travailles-tu? Pas seulement au bout de bois tout autour, mais à la pièce dans laquelle tu te trouves, la lumière qui t’entoure, le moment et le lieu où tu te trouve. Comment peux-tu dessiner tout ça?

Je dirais la même chose aux musiciens. Je vois qu’ils passent beaucoup de temps à travailler les détails internes et bien moins à développer les moyens de positionner leur travail dans le monde.

« Positionner » ne veux pas seulement dire réfléchir à comment présenter son travail à une compagnie de production, mais se demander où il peut bien aller, et où il se situe dans le domaine culturel. Il est en relation avec quoi d’autre?»

Brian Eno

«Quand tu écoutes du Miles Davis, combien de ce que tu entends est musique, et combien est contexte?

Le contexte est tout ce qui ne se trouve pas directement gravé dans les sillons du disque. Ça inclut savoir que tout le monde dit qu’il est extraordinaire : cela doit changer la façon dont tu l’écoute; qu’il était un bel homme imposant, membre d’une minorité romantique, qu’il a joué avec Charlie Parker, qu’il chevauche les âges, qu’il a vécu la dépendance sous plusieurs formes, qu’il s’est marié avec Cicely Tyson, qu’il avait une tenue soignée, que Jean-Luc Godard l’aimait bien, qu’il portait des lunettes de soleil et était très cool, qu’il révélait bien peu de son travail, et ainsi de suite.

N’est-ce pas tout cela qui affecte la manière dont tu l’écoutes? C’est à dire, aurais-tu senti la même chose s’il était chauffagiste, obèse et natif d’Oslo?

Quand tu écoutes de la musique, n’écoutes-tu pas aussi tout ce qui l’entoure?»

Brian Eno