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À chacun son sanctuaire. Celui qui m’intéresse ici est celui des mots.

Porteur de son et de sens, les mots expliquent, compliquent, répliquent et piquent. Dans cette époque opaque, certains ont perdu leur lustre. Je pense à démocratie, en particulier, qui a été malmené par nombre de politiciens véreux et verbeux.

Utiliser à bon escient, les mots rassemblent, organisent, animent et pacifient.

Dans tous les cas, on se trouve face à un choix : «soit on s’évanouit; soit on s’épanouit.»

Voici Loco Locass qui nous invite dans leur sanctuaire [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=5YMkRVmKXPw]

LA PUISSANCE RÉVOLUTIONNAIRE EST INTACTE AU QUÉBEC. L’esprit de liberté qui l’innerve et s’en nourrit s’est manifesté tout au long de notre histoire. Ce serait même ce qui nous caractérise essentiellement. Enclavés dans un milieu qui diffère du nôtre sur les plans historique, culturel, politique et social, nous sommes animés d’un mouvement propre qui résiste à l’enfermement et révèle, « au-delà d’une uniformité institutionnelle et d’un lien juridique artificiel entre nous et les autres, le phénomène bien plus profond de notre indépendance »*. Ce phénomène, reconnu occasionnellement, demeure invisible le reste du temps et la puissance révolutionnaire reclose.

Certes, le Québec participe d’un portrait plus large, celui d’un monde ébranlé par un capitalisme féroce, soutenu par les gouvernements et travaillant sans relâche à la déchéance des États. L’emballement et les excès du marché mondial instaurent une concurrence généralisée qui échappe à toute forme de régulation, menaçant les acquis humanistes des révolutions française et américaine. Cette érosion de la démocratie, si elle affecte des États constitués, minant leurs assises et leur pouvoir, elle menace d’anéantissement une société comme la nôtre, sans constitution et qui cultive pourtant l’illusion de sa cohésion et de sa cohérence.

Dans cet état des choses, alors que les mouvements de révolte et d’indignation traversent actuellement le monde, ouvrant des perspectives qui semblaient hier impensables, ici, la tentation est vive de dénoncer cette fausse présence au monde qui désarme l’esprit révolutionnaire. Car sans cet esprit il ne saurait exister de démocratie.

* Pierre Vadeboncoeur

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NOUS? EST UN ÉVÉNEMENT UNIQUE DE PRISE DE PAROLE, DE RÉFLEXION SUR L’ÉTAT
DU QUÉBEC, SA DÉMOCRATIE.

Une anthropologue se penche sur le côté sombre de la chanson actuelle de la chanson québécoise et des changements repères.

«Sous des airs souvent joyeux, nos artistes chantent la perte de sens et le cul-de-sac de la surconsommation, des Colocs à Loco Locass. Une critique en forme de nostalgie du lien social évacué avec notre héritage religieux. Saine complainte, juge l’anthropologue Isabelle Matte.

Les punks marginaux du «No Future» l’ont clamé. Les intellectuels l’ont annoncé aussi. Voici que la critique du capitalisme et d’un monde qui tourne à vide est rentrée dans le discours dominant et populaire. En témoigne la chanson québécoise actuelle, dont les textes regorgent de références apocalyptiques en forme de quête de sens, L’Échec du matériel de Daniel Bélanger en tête de liste.»

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