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«On ne cherche la louange que dans l’exacte mesure où l’on n’est pas sûr d’avoir réussi. Celui qui est sûr ne cherche aucun assentiment, il sait.»

Citation tirée de Bruno Monsaigeon, Mademoiselle, entretiens avec Nadia Boulanger, Paris, Van de Velde, 1980

Igor Stravinsky et Nadia Boulanger

Nadia Boulanger et Igor Stravinsky ont eu une relation d’amitié durable. Mademoiselle a d’ailleurs corrigé quelques épreuves de Stravinsky… ce n’est pas rien.

Voici le sacre du printemps qui fête cette année son 100e anniversaire. L’oeuvre est dirigée par Igor Markevitch (qui a été élève de Nadia Boulanger.) À noter, il dirige l’orchestre sans partition, il savait donc la pièce par coeur…

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Les amateurs de jazz reconnaîtront sans doute dans cette oeuvre l’influence des choix harmoniques et d’orchestration (vents) sur le langage musical de Gil Evans.

 

Ça se passe dans à bout de souffle de Godard paru en 1960. Le jeune Belmondo y incarne une espèce de voyou magouilleur coureur de jupon qui n’aurait pas détesté être gigolo.

Martial Solal, quant à lui, y peint une trame sonore jazz du plus haut niveau. On y entend, entre autres, des trompettes dignes des enregistrements Columbia (en anglais) de Miles Davis enregistrés en 1956. On y entend aussi des arrangements de big bands qui, parfois, mettent en valeur le vibraphone (instrument qui est par ailleurs devenu caractéristique des films Noirs de l’époque. On n’a qu’à penser à l’inspecteur Clouseau qui peuplait les films de la série la Panthère Rose dont la musique a été écrite par Henry Mancini.)  Mais l’influence qui prédomine la partition de big band est sans aucun doute celle de Gil Evans en particulier de par les arrangements qu’Evans avaient écrits pour Miles Davis sur l’album The birth of the cool paru en 1949.

À regarder la tête reposé. Détente assurée.

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J’ai découvert aujourd’hui un magnifique album de Terence Blanchard (trompetiste, compositeur de musique de film et ancien jazz messenger.) Cet album s’intitule A Tale of God’s Will (A Requiem for Katrina) (sur étiquette blue note). Celui-ci est un vibrant homage aux victimes de l’ouragan Katrina.

La musique est un amalgame somptueux d’influences diverses. Tout d’abord, dans l’interprétation à la trompette, on retrouve des références évidentes à Miles Davis et son mythique album Sketches of Spain. Dans le même ordre d’idées, les arrangements sont fortement influencés par le langage harmonique (choix des accords) utilisé par Gil Evans (arrangeur de Miles sur Sketches of Spain.) Au niveau mélodique maintenant, on sent un un riche héritage dont les racines vont puiser à même la source chez le maître George Gershwin. C’est d’une élégance forte et humble, ça raconte une histoire triste sans s’apitoyer. C’est vrai. C’est beau.

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