Pensées du vendredi : la beauté du monde et la réalité

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Bonne fête de la femme!

« L’amour a besoin de réalité. Aimer à travers une apparence corporelle un être imaginaire, quoi de plus atroce le jour où on s’en aperçoit ? Bien plus atroce que la mort, car la mort n’empêche pas l’aimé d’avoir été. C’est la punition du crime d’avoir nourri l’amour avec de l’imagination. »

Toutes les citations sont de Simone Weil

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« D’une manière générale, toute instruction (…) devrait avoir pour objet essentiel d’augmenter la sensibilité à la beauté du monde (…). »

« Le second obstacle à la culture ouvrière est qu’à la condition ouvrière, comme à toute autre, correspond une disposition particulière de la sensibilité. Par suite, il y a quelque chose d’étranger dans ce qui a été élaboré par d’autres et pour d’autres.
Le remède à cela, c’est un effort de traduction. Non pas de vulgarisation mais de traduction, ce qui est bien différent.
Non pas prendre les vérités, déjà bien trop pauvres, contenues dans la culture des intellectuels, pour les dégrader, les mutiler, les vider de leur saveur ; mais simplement les exprimer, dans leur plénitude, au moyen d’un langage qui, selon le mot de Pascal, les rende sensibles au coeur, pour des gens dont la sensibilité se trouve modelée par la condition ouvrière. »

« Il y a quelque chose dans notre âme qui répugne à la véritable attention beaucoup plus violemment que la chair ne répugne à la fatigue. Ce quelque chose est beaucoup plus proche du mal que la chair. C’est pourquoi, toutes les fois qu’on fait vraiment attention, on détruit du mal en soi. »

« L’attention consiste à suspendre sa pensée, à la laisser disponible, vide et pénétrable à l’objet, à maintenir en soi-même à proximité de la pensée, mais à un niveau inférieur et sans contact avec elle, les diverses connaissances acquises qu’on est forcé d’utiliser. »

« On ne peut pas penser sans mouvement. Donc on tue en soi-même les pensées qu’on n’exprime pas par des actes toutes les fois qu’il est possible de les exprimer. Comme le corps à un moment donné n’a qu’une attitude, chacun de nos actes est un massacreur de pensée, car chacun en exclut une infinité d’autres et empêche dans ce moment les pensées correspondantes d’arriver à l’existence. Il faut s’abstenir de tuer les pensées précieuses, s’abstenir de produire au monde des pensées viles, souillées d’irréel, basses. »