Patrice Michaud, les douze hommes rapaillés et le sourire de Louis-Jean (retour sur le concert)

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Tabouère ! Quelle soirée ce fut mes amiEs!

En première partie du grand rapaillement, on retrouvait Patrice Michaud. Il était accompagné du guitariste André Lavergne. À eux seuls (une armée de deux) ils ont su remplir l’espace sonore du théâtre Maisonneuve d’émotions et d’humour. Il faut souligner au passage les talents de conteur de Michaud (la désopilante et électrique (!) guitare rouge…)

Pour ceux que ça intéresse, une pièce de Michaud est offerte en téléchargement gratuit cette semaine. Il s’agit de l’excellente On fait comme si. «Ton coeur échappé au fond de mon char…»

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Les douze hommes rapaillés ont donné une séance de rapaillement mémorable : la musique y était; les émotions ornaient les commissures de chacune des notes; les douze voyageaient somptueusement propulsés par une section rythmique qui leur assuraient le confort d’un vieux char de luxe (genre Cadillac «pimpé».)

Chacun des interprètes a été extraordinaire. Je dois toute fois mentionner quelques moments que j’ai trouvé particulièrement fort.

Des frissons m’ont traversé chaque fois où le compositeur de la maudite machine a pris le micro. Pierre Flynn chantait avec une telle vulnérabilité qu’on aurait dit qu’il marchait sur des coquilles d’oeufs vides sans que celles-ci ne cassent. Son interprétation imposait en noblesse.

Richard Séguin, à la fin de Pour retrouver le monde et l’amour a chanté une note qui semblait provenir du fond de l’univers : la note était si intense qu’on aurait dit d’elle qu’elle était apparu en même temps que le big band. (Le poil dressé partout, même dans la barbe!)

Le Charbonnier de l’Enfer, Michel Faubert, semblait un peu nerveux. Sa sensibilité éclairait et éclatait dans toutes les syllabes…

Le temps s’est arrêté quand Louis-Jean Cormier (réalisateur des deux opus, musicien, la voix de Karkwa) a donnée le coup de grâce en interprétant l’incommensurable au long de tes hanches. Il l’a interprété en toute modestie, seul face à la foule.

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Pendant tout le concert des douze, Louis-Jean dirigeait le band avec un plaisir évident et contagieux. Son visage était fendu d’un sourire qui partait d’une oreille à l’autre. Du plaisir ! du plaisir. Pour moi, il incarnait ce que Nadia Boulanger définit comme une bonne interprétation.