Décès du pianiste Bruno Fecteau

Publié le Publié dans Interprétation musicale, Littérature, poésie, Tradition québécoise, Vidéos

Samedi 8 janvier 2011, alors qu’il revenait d’un concert des Charbonniers de l’Enfer, Bruno Fecteau a succombé à un malaise cardiaque. Il était âgé de 52 ans.

Bien connu de la communauté des musiciens du Québec, Bruno a été le proche collaborateur de Gilles Vigneault pendant plus de 15 ans.

Ses talents d’accompagnateur demeurent pour moi une référence absolue en la matière. On peut l’entendre au sommet de son art sur le magistral album quadruple de Gilles Vigneault en spectacle à l’Olympia de Paris et au Théâtre Petit Champlain de Québec. La moitié de cet opus consiste en un duo entre Messieurs Vigneault et Fecteau enregistré dans la Basse-Ville de Québec. Sur ces pièces, Bruno respire musicalement au même rythme que Gilles récite : si Vigneault prend une pause, Bruno, presque télépathiquement, fait de même ; si Vigneault hésite, Bruno comme son ombre attend ; si la pièce nécessite la fougue et la tempête Bruno la fait (écoutez le Nord du Nord) ; etc. C’est grandiose.

J’ai eu le plaisir de rencontrer Bruno à plusieurs reprises soit en 2005 et en 2008. À chaque fois il s’est montré très honnête, généreux et franc.

Je me rappelle encore mon étonnement lorsque, lui ayant demandé de prendre un cours d’accompagnement avec lui, il m’avait répondu : «je ne donne pas de cours ; on ira prendre un café.» Wow! C’était encore mieux que ce que j’imaginais.

Lors de cette rencontre, nous avons parlé de toutes sortes de musiques. Bruno m’avait, entre autres, fait part de son intérêt pour la musique post-grégorienne, celle de Stevie Wonder et son amour de la fugue et du contrepoint (je crois qu’il enseignait ces matières au conservatoire de Québec.)

Toujours est-il que lorsque venu le temps d’aborder la question de l’accompagnement musical, ses propos furent d’une simplicité étonnante. «Quand tu accompagnes, tu te mets au service de l’espace poétique de la personne que tu accompagnes. Tu n’imposes ce que tu veux ; tu écoutes et tu épouses la sensibilité de l’artiste.» Cette idée a littéralement transformé ma façon de jouer de la musique, point à la ligne.

Voici plusieurs extraits à écouter : Le nord du nord et  Les arpilles

Le voici qui interprète, en compagnie de sa femme Paule-Andrée Cassidy et de Reggie Brassard, une chanson de Barbara.

Chanson de Barbara
Voix : Reggie Brassard et Paule-Andrée Cassidy
Piano : Bruno Fecteau
Photos : Richard-Max Tremblay
Laklé d’un noël sismique 2005 (Studio Sismique et Caméléon)

Repose en paix l’ami.

2 réflexions au sujet de « Décès du pianiste Bruno Fecteau »

  1. Je suis vraiment désolé de l’apprendre. Il me semble qu’il nous quitte bien trop tôt. Une pensée pour Gilles, qui doit perdre un gros morceau, j’oserais dire, de lui-même…

    Mais quelle chance Sylvain tu as eu d’avoir échangé avec lui. Maintenant, porte ce qu’il t’a transmis en toi même, et si tu en as la chance, partage son héritage. C’est le plus bel hommage que tu puisses lui faire.

Les commentaires sont fermés.