Category: Tradition québécoise

Depuis quelques jours, la mélodie de cette pièce de Daniel Bélanger me trottait dans la tête. J’avais donc envie de me l’approprier et de la partager.

Ça se passe le 6 juillet 2013, l’église du Gesù est pleine à craquer, il fait chaud, un calme règne dans cet espace de communion tandis que la clameur de la ville se fait entendre entre les portes closes et des rayons de lumière colorée fusent des vitraux.

Entre deux silences, Adrian Vedady commence une cadence suave qui donnera le ton au Gloria.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=yeCWiseSHac]

http://www.elixirmusiques.com

Le «Gloria» est le troisième mouvement de Gloria musique sacrée composée par Sylvain Picard suite à une commande de l’église du Gesù.

Musiciens
Sylvain Picard – compositions et guitare
Yannick Rieu – saxophone soprano
Maxime St-Pierre – flugelhorn
Adrian Vedady – contrebasse

Enregistrement
Paul Johnston – prise de son
Sylvain Picard – mix

Images
Nicolas Dufour-Laperrière
David Ospina
Jean-François Hamelin

Montage
Nicolas Dufour-Laperrière

Infographie
Enrique Uranga

© 2013 Sylvain Picard (SOCAN)
℗ 2013 身 Shēn Records

 

«Le non-initié recherche l’illusion. L’initié recherche ce qui est.»

Borduas, Paul-Émile, Parler d’art est difficile (Refus Global et autres écrits), Typo, Montréal, 1997

Salut, salut!

À la radio tantôt
À 17h30 aujourd’hui 3 avril, je serai l’invité du 4 à 6 de CIBL. Mon hôte sera l’animateur Louis-René Beaudin. Nous parlerons de Pic et les blancs de mémoire.
En spectacle demain
C’est avec un plaisir certain que Pic et les blancs de mémoire donnera un concert demain soir. Nous serons à l’auditorium le Prévost à 20h. Notre prestation sera suivie de let’s get it on création de la troupe de danse JBL.  Toi et tes amiEs, ta famille, tes voisins et ton député y êtes cordialement invités.

Jeudi 4 avril 20h
Auditorium Patro le Prévost
7355, av Christophe-Colomb
Montréal, QC H2R 2S5

Nous voici interprétant mon arrangement de Cartier (R. Charlebois)[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=tX3jXWtTkII=1]

 

Récemment se tenait à Montréal un forum sur l’état de la chanson au Québec. Considérant que la politique culturelle du Québec (1991) a été instaurée avant l’avènement d’Internet, il était impératif qu’un tel forum ait lieu, et même surprenant qu’il n’ait pas eu lieu avant. 

Sur place se trouvait toues sortes d’intervenants et d’acteurs du milieu dont Louis-Jean Cormier, Alan Côté (directeur du Festival en Canson de Petite-Vallée), Solange Drouin (directrice de l’ADISQ), Guillaume Déziel (gérant de Misteur Valaire et membre de musiQCnumériQC). [On peut lire un article très informatif que Déziel a écrit dans le HuffPost : Réalité 2.0: la chanson du Québec en péril]

On y abordait entre autres les cinq éléments suivants : 

  • La chanson québécoise : francité et diversité
  • La chanson québécoise à l’ère numérique
  • La diffusion de la chanson et sa circulation au Québec et hors Québec
  • La création, la formation et le perfectionnement en chanson
  • Les mécanismes de financement et l’organisation du milieu de la chanson

En ouverture, les participants du forum ont eu droit à un vibrant plaidoyer de l’ami Marc Chabot (parolier de métier, philosophe et auteur.) Le revoici transcrit ici avec son aimable autorisation.  (Cette allocution est disponible en version PDF.)

La culture, la chanson et le divertissement

En 1966, la revue Liberté publiait un numéro spécial intitulé Pour la chanson. À la question : qu’est-ce que la chanson pour vous ? Félix Leclerc répondait :

L’accumulation de joies et de peines ferait éclater le cœur de l’homme, s’il n’y avait pas la chanson.

Ses limites. Ça ne se voit pas dans les hautes sphères comme la symphonie, ça ne s’attarde pas dans les couloirs de l’âme comme la psychanalyse, ça ne s’explique pas comme la philosophie, ça ne juge pas comme la morale, ça ne s’enseigne pas comme la doctrine, ça ne se copie pas comme la photographie, ce n’est pas un aigle, c’est un vivant petit oiseau sensible et intelligent dont l’univers est la cour, il connaît et ressent tout mais en petit, c’est très parent avec le conte et la fable. Ce n’est pas un océan, c’est une source, un grelot d’argent dans l’épaisseur du silence, une allumette dans la nuit.

Quelle est la bonne, quelle est la mauvaise ?

La mauvaise est une mouche qui bourdonne1.

Quand on m’a invité à participer à ce Forum sur la chanson québécoise, je me suis demandé si c’était vraiment la place d’un parolier. Après tout, une bonne partie d’entre vous vit de la chanson, vous êtes des artistes, des interprètes, des musiciens, des techniciens, des diffuseurs, des propriétaires de salle, des publicitaires, des agents. Moi, je suis un parolier. Je ne fais pas de scène, je suis occasionnellement formateur, mais je ne suis jamais parvenu à faire de mon travail un métier qui me permettait de vivre.

Mon vrai métier a été professeur de philosophie dans un cégep. Maintenant, je suis à la retraite et je continue d’écrire des chansons pour les chanteurs et les chanteuses qui en font la demande. J’aime les mots, j’aime ces mariages de toutes sortes entre les mots et les notes. Pour moi, une chanson est une œuvre, le travail de plusieurs pour que vive une idée, une émotion, un rythme. Brassens disait qu’une chanson est une petite fête de mots de notes.

Je ne suis pas venu ici pour vous parler d’argent. La chanson, c’est d’abord et avant tout un individu qui, souvent dans la solitude, s’occupe de sa peine ou de sa joie d’être au monde. Il écrit, il compose. Ce peut être Les vieux pianos ou Quand les hommes vivront d’amour. Il ne sait pas encore ce qu’il adviendra de son travail. En fait, il ne sait pas grand-chose. Il s’occupe le mieux possible à dire où il en est avec le monde. Il s’attriste des violences, il sympathise avec les démunis, il danse avec ceux et celles qui fêtent, il travaille, il biffe, il jette, il recommence, il avance et il recule.

Une fois sa création terminée, beaucoup de choses ou peu de choses sont possibles. Beaucoup ou peu de choses qui ne dépendent pas de lui. Son seul pouvoir était d’écrire une chanson, son seul pouvoir était au bout de son crayon ou de son clavier. Beaucoup du reste tient du hasard, de la chance, des rencontres, de la diffusion, du désir des autres de nous faire exister ou non.

Je veux insister sur ce désir d’exister, car c’est ce qui distingue en tout premier lieu la culture du divertissement. La culture peut faire exister les œuvres et généralement elle se soucie aussi de les conserver, de les rappeler à notre mémoire, de leur faire traverser le temps et les générations.

C’est une responsabilité qui devrait incomber aussi à ceux et celles qui s’occupent du divertissement, même si ce n’est pas leur premier défi. Une responsabilité oubliée, une responsabilité qu’on a parfois délibérément gommée.

Il y a quelques années, au Festival de la chanson de Petite-Vallée, Daniel Boucher a chanté la chanson L’ange vagabond que j’ai écrite avec Richard et Marie-Claire Séguin. Nous étions tous les trois dans la salle. Pour ceux et celles qui s’en souviennent et qui la connaissent, vous savez qu’il s’agit d’un hommage à l’écrivain Jack Kerouac. C’est une œuvre pour la mémoire.

Après sa prestation, Daniel Boucher est venu me voir, il m’a pris dans ses bras et il m’a dit : merci Marc, tu sais, c’est depuis que je suis Ti-Cul que je rêvais de chanter cette chanson sur scène. Richard Séguin qui était tout près ajouta : il y en a au moins une qui aura traversé une génération.

Il est là le pouvoir de la culture. Dans un moment comme celui-là, je me soucie bien peu d’en être l’auteur. Je sais depuis longtemps maintenant que le nom des paroliers n’est pas ce qui prime. Mais une œuvre est vivante et ça me suffit.

Ce qui compte, c’est de pouvoir dire : merci Kerouac, merci la littérature, merci la musique, merci Daniel Boucher, merci l’américanité, merci la poésie, merci la culture.

Réduire la chanson à un art de divertissement, c’est peut-être passer à côté de l’essentiel. Réduire la chanson à un art de divertissement, ce n’est pas lui rendre service.

Je voudrais qu’on me comprenne bien. Je ne suis pas en train de vous dire qu’il y aurait d’un côté les bons de la chanson, ceux qui plaident pour la culture, et de l’autre côté ceux qui sont pour le divertissement et qui seraient les méchants.

Je pense que nous pouvons tous penser plus loin. Je pense que nous nous devons de faire cet effort. Nous le pouvons et, si nous y arrivons, nous parviendrons peut-être à résoudre une partie de la crise qui nous amène tous ici. Il y a des ponts à rétablir entre la culture et le divertissement. La solution est là, pas dans l’acte de creuser davantage le fossé entre les deux.

Cette crise exige d’être réfléchie de plusieurs manières. Cette crise, elle vient aussi de cette séparation que nous encourageons jour après jour entre culture et divertissement.

Une chanson peut nous faire réfléchir, une autre peut nous faire danser, une autre peut nous faire pleurer et une autre encore peut nous faire rire. La chanson est un art multiple. La chanson doit être tout autant une fête qu’un hymne. La chanson doit être tout autant une folie qu’un recueillement ou une dénonciation des violences. Chanter, c’est tenter de dire et tenter de décrire tous les mondes possibles. La danse à Saint-Dilon fait son travail comme La danse des canards ou La danse du Smatte. Le plus beau voyage fait son travail comme La langue de chez nous ou Bozo les culottes. Les oies sauvages font leur travail comme La planque à libellules ou On va s’aimer encore.

Nous avons besoin des chansons pour tous les instants de la vie des êtres et pour tous les instants de la vie d’un peuple. J’ai besoin de ces petits oiseaux dans ma cour, comme le disait Félix. Comme j’ai besoin du cinéma, du théâtre, du roman, de la peinture et de la poésie.

Admettons que comme créateur, comme compositeur, comme parolier, comme interprète, nous ne serions que trop peu de choses si notre seul but, notre seule action dans la culture était de divertir. La chanson doit être libérée des carcans dans laquelle on tente de l’emprisonner. Elle est plus qu’un genre, elle est plus qu’un son, elle est plus qu’une voix, elle est plus qu’une mode, elle est plus que ce qu’elle vend ou ne vend pas. C’est ce plus que nous devrions rechercher. C’est ce plus qui fait que, quelque part, un jeune vient de s’acheter une guitare et s’apprête à partir à l’aventure, qu’un autre vient de s’acheter un dictionnaire de rimes et se rend compte avec tristesse que bien peu de mots riment avec amour et qu’il devra trouver le moyen de nous le faire oublier.

Oui, il y a une crise. Elle est profonde, elle est terrible. Depuis l’arrivée du CD notre chanson se disperse et se perd. Le répertoire disparaît petit à petit. Nous sommes un petit marché et beaucoup de nos créations sont complètement disparues avec l’arrivée des CD. Il est strictement impossible, même avec la plus belle volonté du monde, de posséder l’intégrale de l’œuvre de Claude Léveillée ou Pauline Julien. Qui se souvient des albums d’une Ginette Ravel ou du groupe Toubabou2 ?

Nous n’aimons pas la chanson quand nous nous enfermons dans le présent. Il n’est jamais bon pour l’avenir de ne pas avoir de passé.

Je rêve depuis des années d’un vrai site Internet qui aurait le souci du passé. Contrairement à ce que l’on pense, il y a une grande différence entre l’histoire et la nostalgie.

Pouvons-nous nous donner les moyens de sortir de l’éphémère ? La chanson a une histoire, comme le cinéma ou la littérature.

Écrire une chanson, c’est ouvrir à la liberté. C’est la réclamer quand on n’en voit plus le bout du nez. C’est tout autant la liberté de l’amoureux que la liberté d’un peuple. J’aime savoir que les chansons naissent d’une émotion, mais c’est justement parce qu’elles sont une émotion qu’elles sont fragiles et cette fragilité peut faire tout autant notre bonheur que notre malheur.

Idéalement, la chanson ne devrait pas être au service de quelque chose. Elle est un mode d’expression, une manière d’être et de dire le monde. On ne peut pas se contenter de penser la chanson comme un simple soutien à l’industrie, à la publicité, aux radios ou aux commerces de tous genres. Quand j’écris dans un texte de chanson : je veux encore d’un grand verre de bonheur, j’aimerais bien qu’on sache que je n’écris pas pour qu’on boive plus de lait, une liqueur ou une bière. Je veux d’une chanson qui existe pour elle-même, je veux des chansons qui s’adressent à nous tous.

La vie n’est pas un éclat de rire permanent. Nous le savons tous. Depuis quelques années, bien des arts sont disparus des médias. Il y a peu ou pas de place pour notre poésie, peu ou pas de place pour le roman, peu ou pas de place pour la peinture et le théâtre. Est-ce normal qu’il y ait à chaque semaine dans trois de nos chaînes publiques entre six et dix heures d’émissions pour rire ? Je prendrais bien quelques-unes de ces heures pour rencontrer un chanteur, une chanteuse, un romancier ou un poète. Je voudrais le dire sans dénigrer pour autant l’humour.

Oui, choisir la culture est plus exigeant que le divertissement, mais c’est un choix de société et pour moi, il y a une différence entre un choix de société et des cotes d’écoute.

Durant les deux jours qui viennent, vous aurez la chance ou la malchance d’en apprendre bien davantage sur les différentes crises de la chanson. Problèmes de diffusion, problèmes de ventes de billets, problèmes de droits d’auteur.

Il y a vraiment beaucoup de problèmes à résoudre pour que la chanson existe mieux et existe plus. Je pense que nous sommes d’accord pour dire avec ceux et celles qui nous convient à cette réflexion, que les enjeux et les défis sont grands. Mais il faut aussi ne pas confondre les enjeux collatéraux avec une interrogation majeure : quelle place voulons-nous vraiment pour la chanson dans la culture ? Et cette question ne s’adresse pas seulement aux créateurs des chansons mais aussi à ceux et celles qui font vivre nos œuvres.

Le philosophe Vladimir Jankélévitch a écrit :

… la jeunesse rend tout le monde jeune, comme la poésie fait de chacun un poète3!

Il suffit d’aller entendre le spectacle des Douze hommes rapaillés pour s’en convaincre. Nous sommes au plus proche de ce que peut faire la culture : provoquer chez l’humain l’élévation dont il a besoin pour espérer. La chanson, comme tous les arts, est un arrachement au réel. Nous avons besoin qu’on nous invite dans l’ailleurs. Nous avons besoin de savoir que nous sommes autre chose que des travailleurs ou des consommateurs. Il est bon pour les hommes et les femmes que nous sommes de retrouver notre noblesse. Je refuse l’idée que nos élévations, nos arrachements au réel et notre noblesse soient des concepts creux.

On nous a habitués avec trop de facilité à consommer. Même le malheur et les guerres se consomment. J’ai besoin de la chanson pour aller ailleurs, pour approcher la beauté. La chanson m’a si souvent permis d’espérer, de grandir, de rêver. La chanson sauve des vies, elle aide à vivre, elle aide à mieux comprendre nos complexités, nos contradictions, nos divagations, nos égarements. J’aime savoir qu’elle peut continuer à faire son métier. Simplement, sans prétention, sans exagération. J’aime qu’elle prenne ma main pour m’aider à rester debout et vivant.

Mais je pense aussi qu’elle a besoin d’être défendue par chacun de nous. Je pense que nous devons refuser qu’on oublie sa grandeur, qu’on oublie qu’elle n’a pas à être traînée dans les marges de la consommation parce que nous manquons d’imagination. Elle peut encore être un refuge quand l’insignifiance déferle sur nous.

Je relisais récemment un livre du philosophe Peter Sloterdijk, Essai d’intoxication volontaire. Il disait ceci de la mission de l’écrivain. Je pense qu’on pourrait très facilement le dire aussi de la chanson.

La mission de l’écrivain n’est pas d’être anodin. Il me semble que nous avons oublié ce qu’est un écrivain et ce qu’il fait lorsqu’il se consacre à son métier. Les écrivains sont des expérimentateurs. Leur boulot, c’est de dépister ces substances dangereuses que l’on appelle les thèmes, les thèmes profonds de leur époque, ces thèmes sont traités, décomposés, filtrés, renversés et recomposés par les auteurs. Il s’agit d’un boulot (…) risqué.

Un peu plus loin il ajoute :

C’est un sérieux symptôme du déclin de la vie publique, lorsque même les critiques, (…) ne comprennent plus ce que fait un auteur en menant des expériences sur des aspects explosifs des matériaux dangereux4.

Cette mission de l’écrivain, c’est peut-être aussi celle du chanteur, du parolier et du musicien. Pouvoir dire qu’il y a des secousses sismiques en chaque être humain. Pouvoir dire que nous avons besoin d’être réveillés.

Et Sloterdijk en ajoute une dernière :

Toute personne disposant d’un téléviseur peut s’écœurer de tout5.

C’est par écœurement justement qu’on finit par éteindre. Vivement la culture, vivement le retour de la chanson dans la culture.

Si la culture est un arrachement au monde ou au réel, elle n’est pas un aveuglement, une manière de m’endormir, un détournement de l’esprit. Il y a une réclame de bonheur dans l’histoire de notre chanson qui mérite d’être entendue. Elle est là cette réclame. Elle nous vient des artistes eux-mêmes. Elle nous vient des artistes de tous les âges. Je l’entends tout autant chez Lucille Dumont que chez Bernard Adamus. Elle ne vient pas d’un son mais du sens.

Je vous remercie.

Marc Chabot

Janvier 2013

1 Félix Leclerc, Pour la chanson, Liberté, no 46, 1966, p. 32.

2 D’autres noms : Marie-Claire Séguin, Mario Trudel, Lawrence Lepage, Vos Voisins, Geneviève Paris, Sylvie Tremblay. Nous avons chacun notre liste et cette liste n’est rien d’autre qu’un avis de disparition.

3 Vladimir Jankélévitch et Béatrice Berlowitz, Quelque part dans l’inachevé, Folio essais, 1987, p. 233.

4 Peter Sloterdijk, Essai d’intoxication volontaire, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, Calmann-Lévy, 1999, p. 146-147.

5 Ibid., p. 43.

Hello!

Voici quelques vidéos enregistrés lors du spectacle du Trio Sylvain Picard le 5 octobre 2012 à la maison Villebon de Beloeil.

Charles Duquette – batterie/percussions
Mathieu Descheneaux – contrebasse
Sylvain Picard – compositions/guitare

Rencontre de funambules [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=ANZk7oGD12k]

Airs à faire frire [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=W8luRtpGdZQ]

C’est comme ça [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=bcesvhPsFoo]

Le marchand de rêves phénicien [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=3xCVBeHecks]

L’automne du coeur 悲 [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=4OxX3sldLF4]

http://elixirmusiques.bandcamp.com

 

© 2012 Elixirmusiques SOCAN (pour Sylvain Picard)
℗ 2012 身 Shēn Records

J’adore les univers sagement fous et assumés de René Lussier. Voici un extrait de son album le trésor de la langue [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=TcGTIiSf6FQ]

J’ai découvert, il y a quelques années, qu’il était aussi chanteur par un ami (merci Charlot!). Sur son album Le prix du bonheur, on le retrouve chantant les paroles hirsutes de Paule Marier. C’est bringuebalant, kitsch*, cute, ça décape, ça surprend à chaque écoute, et surtout, ça rend de bonne humeur.

En voici un extrait live [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=TK4ia1yTF_k] 

Prolifique, on lui doit aussi les musiques du Moulin à images de Robert Lepage, de même que la bande sonore de Trou Story (documentaire essentiel de Richard Desjardins qui présente un regard critique sur les philosophies de gestion des mines d’hier à aujourd’hui.)

Cette fois-ci, il nous arrive avec un autre album chanté. Voici ce qu’il en dit :

«Toucher une âme

Un deuxième album de chansons, presque sept ans après Le Prix du Bonheur.    

Oui, ça été long. Une aventure qui a connu tous les empêchements et retards possibles, pour tout un lot de bonnes et de mauvaises raisons. En m’attelant à composer et interpréter un nouvel album « chanté », j’ai mis la barre haute et mesuré l’ampleur du défi. Et puis je me suis retrouvé sans compagnie de disque et sans producteur, sollicité par d’autres créations qui sont devenues prioritaires. J’ai mis plusieurs fois le projet en veilleuse, pour gagner ma vie et me donner les moyens d’y revenir, chaque fois avec un grand désir de tout mettre en œuvre pour le faire à mon goût. Comme chaque fois qu’un projet me hante, j’ai poursuivi en assumant mon éclectisme,  avec – sinon la satisfaction, du moins la fierté  de suivre ma propre route, quoi qu’il m’en coûte.

La chanson permet une communication incroyablement concrète qui me fascine.  C’est cette communication qui m’intéresse.  Au final, je suis heureux de pouvoir partager un acte de création qui, s’il ne ressemble à rien de ce que « l’industrie de la chanson » propose, nous ressemble, à Paule et à moi, comme à beaucoup d’autres. J’espère que ceux-là voudront s’y reconnaître, se laisser toucher, nous toucher en retour.

Me revoici donc en compositeur–interprète puisque l’auteure a une autre tête et que je suis son haut-parleur!»

Voici lesdites tounes
[bandcamp album=3289173718 bgcol=FFFFFF linkcol=4285BB size=grande3]

En tout cas, je sais ce que je vais écouter dans les jours qui suivent, et pour longtemps!

http://www.renelussier.ca/

*Le mot Kitsch est employé ici au même sens que celui donné par Normand Baillargeon ici 

Salut, salut!

Voici en son et images le concert du trio Sylvain picard qui présentait Airs à faire frire le 5 octobre 2012 à la maison Villebon de Beloeil.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=K9ww9himXKA]

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=4OxX3sldLF4]

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=i4eIl_MXYCQ]

Compositions/arrangements et guitare : Sylvain Picard
Contrebasse : Mathieu Deschenaux
Batterie/percussion : Charles Duquette
© 2012 Elixirmusiques SOCAN (pour Sylvain Picard)
℗ 2012 身 Shēn Records

« À l’ère où triomphent le culte de soi, l’exposition permanente et obscène de son vécu et de ses douleurs, en ces jours où nous avons l’existence si manifeste et si bruyante, le chic, il me semble, c’est la splendeur discrète, la délicatesse de taire un peu sa détresse comme ses exploits; le chic est ce supplément d’âme qui ajoute la réserve à l’éclat, et la tenue à l’émoi.

Le chic, il me semble, c’est perdre avec élégance, c’est volontiers faire briller les autres, c’est aimer sans calcul ni intérêt, c’est pardonner ou aider sans s’applaudir soi-même, c’est savoir sa banalité et pourtant tâcher d’enrichir le monde de ce que l’on est, c’est marcher droit dans une vie bancale, c’est tenter une sorte d’élévation qui n’a rien à voir avec le statut, mais plutôt avec la noblesse des sentiments.

Le chic, c’est le panache, tel que le décrit Edmond Rostand : la pudeur de l’héroïsme, comme un sourire par lequel on s’excuse d’être sublime.»

Evelyne de la Chenelière

Source : http://www.lapresse.ca/vivre/mode/201301/01/01-4607763-le-chic-selon-evelyne-de-la-cheneliere.php

«Quand je dis rien, c’est parce que je le pense!»

Fred Pellerin citant Méo le coiffeur dans
le journal l’Itinéraire édition du 15 décembre 2012