Category: Politique

« J’pense qu’on vit toujours avec le doute. On va toujours vivre avec le doute. C’est juste que… tu peux marcher du côté lumineux du doute qui va t’apporter ben, ben, ben des questionnements pis des interrogations intéressantes. Pis si tu marches du côté obscur du doute, c’est autodestructeur, tsé, où sa paralyse, tu fais rien, tu veux pas rien dire. Moi, j’viens d’une génération, on était pauvre. […] Mais la plus grande pauvreté, c’était de dire “on peut pas l’faire”, “on n’a pas le droit d’parole”, “on est mieux d’se taire”, “on va prendre not’ trou”, “on n’a pas d’affaires icitte”… Ça! C’est la pauvreté. »

– Richard Séguin en entrevue avec la Fabrique Culturelle

On peut écouter la capsule complète ici

http://www.lafabriqueculturelle.tv/capsules/6941/la-source-des-mots-richard-seguin

À la prochaine génération d’artistes

Nous nous trouvons dans une période trouble et imprévisible.

Des horreurs du Bataclan, aux bouleversements en Syrie, à la tuerie de San Bernardino, nous vivons dans une époque de confusion et de douleur. En tant qu’artistes, créateurs et rêveurs de ce monde, nous vous demandons de ne pas être découragés par ce que vous voyez mais plutôt de vous servir de vos vies, et par extension de votre art, comme moyen de propagation de la paix.

Bien qu’il soit vrai que les problèmes auxquels le monde fait face sont complexes, y répondre par la paix est simple : ça commence par soi-même. Vous n’avez pas besoin de vivre dans un pays du tiers-monde ou de travailler pour une ONG pour faire une différence. Chacun de nous a une mission qui lui est propre. Nous sommes les pièces d’un casse-tête géant et changeant, où la plus petite des actions de l’une d’elles affecte profondément chacune des autres. Vous êtes importantes, les gestes que vous posez sont importants, votre art est important.

Nous souhaitons préciser que bien que cette lettre ait été écrite avec un auditoire artistique en tête, ses idées transcendent les classes professionnelles et s’appliquent à tous et toutes, indépendamment de la profession.

D’abord, s’éveiller à sa propre humanité

Nous ne sommes pas seuls. Nous n’existons pas seuls et nous ne pouvons créer seuls. Ce dont ce monde a besoin est un éveil humaniste mu par un désir d’améliorer les conditions de vie de tous et toutes; un lieu où nos actions prennent racine dans l’altruisme et la compassion. Vous ne pouvez vous cacher derrière une profession ou un instrument : vous devez être humain. Appliquez-vous à devenir aussi bon humainement que possible. Par ce processus, vous découvrirez une riche source d’inspiration prenant ses fondements dans le fait complexe et étrange de notre simple existence sur cette planète. À ce titre, la musique n’est qu’une goutte dans l’océan de la vie.

Partez à la conquête du chemin le moins fréquenté

Le monde a besoin de nouvelles voies. Ne vous permettez pas d’être détournée par une rhétorique bon marché, de fausses croyances et illusions dictant comment votre vie doit être vécue. C’est à vous d’être les pionniers. Que ce soit par l’exploration de nouveaux sons, rythmes et harmonies, ou par des collaborations, processus et expériences inattendues, nous vous encourageons à abandonner la répétition sous toutes ses formes et répercussions négatives. Visez à créer de nouvelles actions, musicalement comme sur le chemin de votre vie. Ne vous conformez jamais.

Accueillir l’inconnu

L’inconnu requiert une improvisation émergeant sur le coup ou encore un processus créatif offrant un potentiel d’expression et d’épanouissement sans pareil. Il n’y a pas de répétition générale pour la vie, car la vie elle-même est la vraie répétition. Chaque relation, obstacle, interaction, etc. est une répétition préparant à la prochaine aventure de la vie. Tout est interrelié. Tout peut servir. Rien n’est jamais perdu. Entretenir ce genre de pensée requiert du courage. Soyez courageuses et ne perdez pas votre faculté d’émerveillement et d’égard pour ce monde merveilleux qui nous entoure.

Comprenez l’origine des obstacles

Nous nous faisons une idée de l’échec, mais elle n’est pas vraie; c’est une illusion. Il n’y a pas de chose telle que l’échec. Ce que vous percevez comme un échec est, en fait, une nouvelle opportunité, un nouveau jeu de cartes, un nouveau canevas sur lequel créer. Dans la vie, les possibilités sont infinies. Les mots « succès » et « échec » ne sont rien de moins que des étiquettes. Chaque moment recèle une opportunité. Vous, en tant qu’être humain, n’avez pas de limite, donc il existe des possibilités infinies en toute circonstance.

N’ayez pas peur d’interagir avec celles qui sont différentes de vous

Le monde a besoin de plus d’interactions « un à un » entre des gens d’origines diverses dialoguant de sujets tels que l’art, la culture et l’éducation. Nos différences sont ce que nous avons en commun. Nous pouvons créer un endroit ouvert et pérenne où tous peuvent partager idées, ressources, attention [toughtfulness] et gentillesse. Nous devons créer des liens avec tout un chacun, apprendre de tout un chacun et expérimenter la vie avec tout un chacun. Nous ne pourrons jamais établir la paix sans la compréhension de la douleur résidant dans le cœur de chacun. Plus nous interagirons, plus nous réaliserons que notre humanité transcende nos différences.

Visez à créer un dialogue libre de toute attente

L’art sous n’importe quelle forme offre un moyen d’établir un dialogue, ce qui fait donc de l’art un outil puissant. Il est temps pour le monde de la musique de créer des histoires sonores évoquant les mystères de notre humanité. Quand nous parlons des mystères de notre humanité, nous voulons dire réfléchir et remettre en question les peurs qui nous empêchent de découvrir la source infinie de courage reposant en chacun de nous. Oui, vous avez ce qu’il faut. Oui, vous êtes importante. Oui, vous devriez continuer.

Faites gaffe à l’égo

L’arrogance peut se développer chez les artistes, entre autres chez celles et ceux qui croient que leur statut les rend plus importants, ou encore chez celles et ceux qui pensent qu’évoluer dans un certain milieu artistique leur permet d’exercer sur les autres une sorte de supériorité. Faites attention à l’égo : la créativité ne peut surgir quand seul l’égo est comblé.

Travaillez vers une industrie sans frontières

Il y a dans le domaine médical une organisation nommée Médecins sans frontières. Cet effort louable peut servir de modèle pour transcender les limites et stratégies de vieilles formules d’affaires consistant à perpétuer les anciens systèmes aux dépens des nouveaux. Nous nous adressons directement au système en place, un système qui conditionne les consommateurs à acheter les produits qu’on dicte comme étant vendables, un système où l’argent est seulement un moyen d’obtenir une fin. L’industrie de la musique est une fraction de l’industrie de la vie. Vivre selon une intégrité créatrice peut engendrer des bienfaits jamais entrevus.

Reconnaissez la valeur de la génération précédente

Vos ainées peuvent vous aider. Ils et elles sont une source de richesse à l’état de sagesse. Ils et elles ont traversé tempêtes et peines d’amour; laissez leurs combats devenir des lumières qui éclairent votre chemin dans le noir. Ne perdez pas de temps à répéter leurs erreurs. À la place, apprenez de ce qu’ils ont fait et catapultez-vous dans la construction progressive d’un monde meilleur pour la progéniture à venir.

Vivez dans un état d’émerveillement constant

En vieillissant, certaines parties de notre imagination ramollissent. Que ce soit causé par la tristesse, une lutte incessante, ou encore un conditionnement social, il arrive qu’en chemin l’on oublie la façon d’accéder à la source de magie inhérente à notre esprit. Ne laissez pas cette partie de votre imagination s’estomper : regardez les étoiles et imaginez l’émotion que vous auriez en tant qu’astronaute ou pilote; imaginez-vous explorant les pyramides ou le Machu Picchu; imaginez-vous volant comme un oiseau ou traversant un mur comme Superman; imaginez-vous courant avec les dinosaures ou nageant telles des créatures marines. Tout ce qui existe est le fruit de l’imagination de quelqu’un; choyez et entretenez la vôtre, et vous serez en permanence sur le précipice de la découverte.

Vous vous demandez « comment tout ceci peut nous mener à une société paisible. » Ça commence par une visée. Votre visée a pour effet de façonner votre future et celui de celles et ceux qui vous entourent. Soyez les leaders du film de votre vie. Vous êtes la réalisatrice, la directrice et l’actrice. Soyez audacieuses et faites preuve d’une compassion incessante tout en dansant dans le voyage que représente cette existence.

 

Traduction libre S. Picard

Source : http://nesthq.com/wayne-shorter-herbie-hancock-open-letter/

Témoignage de Yollande d’Amours ex-fille de joie s’étant convertie à l’éducation populaire après avoir écouté Gloria de Sylvain Picard

CONCERT
Mercredi 3 juin à 20h – MONTRÉAL
Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours
400, rue Saint-Paul Est
Vieux-Montréal (Québec) H2Y 1H4

Billets
https://secure.lavitrine.com/Step1Servlet?showingID=311992&lang=FR

Gloria c’est 10 films pour les oreilles joués par quatre musiciens complices.

Cette luxuriante suite-jazz de 10 mouvements explore l’aventure humaine avec un esprit suave et fougueux.
Chacune des compositions du guitariste Sylvain Picard est comme un court-métrage invitant : Le premier plan séquence musical de Gloria commence à l’heure de pointe où l’on se faufile entre les voitures sur le bitume brûlant du centre-ville; puis on arrive à la maison pour se reposer et se poser en soi; ensuite en toute légèreté, on sort pour une déambulation d’été (et ça, ce n’est seulement que le premier mouvement!)

Sylvain Picard | compositions et guitare
Yannick Rieu | saxophones ténor et soprano
Maxime St-Pierre | trompette et flügelhorn
Guy Boisvert | contrebasse

Gloria

Gloria

Charles Mingus est né le 22 avril 1922.

Sa musique m’a beaucoup influencé. J’ai un faible pour la vitalité qui se dégage de ses œuvres, son côté revendicateur et politique (on n’a qu’à penser à «Oh Lord Don’t Let Them Drop That Atomic Bomb on Me» ou «Fables of Faubus.»)

Lorsque je composais Gloria, je m’étais immergé dans son univers afin de m’en inspirer.

Ici, on a sa pièce «better get it in your soul» dont je me suis influencer pour écrire «L’envol» (étant donné que Gloria était à l’origine une «messe-jazz», ce morceau porte aussi le titre Alléluia!)

Voici sa suite «The Black Saint and the Sinner Lady»

Voici aussi Moanin »

La Ripaille
Documentaire, 2014, 12 min.

Montréal, 29 mai 2014. Une semaine avant le dépôt du premier budget du gouvernement Couillard, un souper gastronomique gaspésien rassemble quelques «invités d’honneur». Dans les coulisses du pouvoir, élus et lobbyistes s’entendent comme larrons en foire. Se gavant de mets délicats et de mauvais jeux de mots, ils se partagent une région en échangeant des promesses et des millions. Business as usual: les grandes décisions se prennent à l’abri de la population. Alors que les coupes s’accumulent sur la table du Premier ministre, le constat n’a jamais été aussi clair: l’austérité, c’est pour les autres.

Avec:
Philippe Couillard, premier ministre du Québec
Christian Gagnon, PDG de Ciment McInnis
Alexandre Gagnon, PDG de Pétrolia
Maurice Quesnel, Directeur général de la Chambre de commerce Baie-des-Chaleurs
Jean-Marie Perreault, Président de la Chambre de commerce Baie-des-Chaleurs
Françoise Bertrand, Présidente de la Fédération des Chambres de commerce du Québec
Roch Audet, maire de la ville de Bonaventure
Jonathan Lapierre, maire des Îles-de-la-Madeleine
et quelques caméos de Line Beauchamp, ex-ministre de l’éducation…

Réalisé par Moïse Marcoux-Chabot
Trame sonore par Sylvain Picard

 

Seconde bande-annonce de LA RIPAILLE. Un film de Moïse Marcoux-Chabot pour lequel j’ai écrit la trame sonore.

Bientôt sur vos écrans!

Au mois d’avril dernier, j’ai eu le plaisir de prendre part à la soirée Courts Critiques 2 qui avait lieu au Phi Centre. Mon mandat était d’accompagner en musique la projection de « CE QUI TRANSFORME », documentaire de Moïse Marcoux-Chabot. Nous voulions, en quelque sorte, que ma musique soit un contrepoint au contenu chargé d’émotion du court. Cette performance musicale a été captée et sert maintenant de trame sonore à la version finale.

«Ce n’est pas un film léger, mais bien un drame documentaire, que je considère hautement nécessaire pour sensibiliser aux impacts de la répression policière. Si vous avez vécu vous-même une expérience d’arrestation traumatisante, je vous suggère de le visionner en compagnie de camarades avec qui vous pourrez discuter et trouver réconfort après le film.» Moïse Marcoux-Chabot

Participer au concours et courez la chance de gagner des billets du RIDM


http://moisemarcouxchabot.com/ce-qui-transforme/
http://vimeo.com/moisemc/ce-qui-transforme
http://www.lafabriqueculturelle.tv/capsules/2742/ce-qui-transforme-moise-marcoux-chabot

Des extraits de ce texte de Christian Nadeau ont été lus à la manifestation pour Gaza qui s’est tenue à Montréal le 10 août dernier.

Depuis un mois, le gouvernement d’Israël bombarde la bande de Gaza en invoquant son droit de se défendre.

Israël prétend rétablir la paix et l’ordre. Or, que peut bien valoir cette paix si elle signe l’acte d’une guerre perpétuelle ? Que peut valoir cette paix si elle proclame l’écrasement d’un peuple ? Que peut bien offrir cet ordre, sinon la dépossession, le malheur et la colère ?

Israël prétend être dans son droit. Or, que peut valoir un droit sans justice ? Personne n’est dupe. Il ne s’agit pas de droit. Il s’agit de pure et simple force. Il s’agit de destruction.

Comment fermer les yeux sur les centaines et les centaines de morts, emportés par cette folie meurtrière qui redouble jour après jour ? Comment cautionner un tel aveuglement sans nous conspuer nous-mêmes ? Nous ne connaissons pas la terreur et la furie. Mais nous sommes ce qu’ils sont, nous sommes ce qu’elles sont, des femmes et des hommes avec la volonté de vivre.

La paix, la liberté, la dignité, l’égalité ne sont pas des vains mots. Si nous ne pouvons leur donner toute leur importance maintenant, à l’heure où meurent par centaines les femmes et les hommes de Gaza, ces termes se videront de leur sens et prendront de nouvelles significations. Ils envelopperont de mensonges les injures, les blessures et les meurtres, augmentant ainsi la longue liste des brimades ; ils deviendront les masques sournois et railleurs des plus violentes iniquités. Si les mots de liberté et de justice possèdent encore un sens, nous devons les parler. Ne les laissons pas en pâture aux vautours.

Contre cette démence, contre cette fureur, il faut une longue chaine humaine dont chaque maillon donne à l’autre une force dont il ne se croyait plus capable.

Il faut un pont, capable de traverser les fausses frontières et de surmonter les haines, orchestrées par les intérêts des puissants. Un tel pont, fait du souffle de nos cris et de nos chants, ira jusqu’à Gaza.

Il faut un mur façonné de nos vies, de nos peines et de nos amours, un mur dont chacun, chacune d’entre nous serait tantôt la brique tantôt le ciment, un mur contraire à tous les murs de sévices et d’insultes, à toutes les forteresses de la ségrégation et du racisme. Un mur qui soutiendra notre humanité, et non un mur qui la divise, l’écrase et la brise.

Il faut un toit pour protéger, un toit solide comme l’affection que se portent les vrais amis.

Il faut une grande maison pleine de fenêtres pour expulser l’obscurité de la mort et du bruit, un édifice ouvert à la lumière pour chasser les cauchemars trop réels des bombes et du sang. Il faut une maison, pour reprendre les mots du poète Mahmoud Darwich, belle « comme la rencontre du rêve et de l’éveil, comme le soleil qui, dans les habits de l’orange s’en va à la mer ».

Contre ce délire de fer et de feu, il faut une immense clameur, capable de parler plus fort que les armes et d’enrayer la guerre, ne fut-ce que pour dire à Gaza que nous ne l’abandonnons pas. Cette clameur, ce sera notre marche pour la justice, notre marche pour la paix, notre marche pour Gaza.

Offrons à Gaza ce qui nous appartient en propre, ce que nul ne peut nous nier, fut-il accoutré des artifices de nos gouvernements. Donnons au peuple de Gaza notre solidarité. Offrons-lui notre amitié. Marchons pour Gaza comme si nous pouvions serrer ses enfants dans nos bras. Marchons pour Gaza comme si nous pouvions ouvrir ses portes, comme si nous pouvions éteindre tous les brasiers.

Le 10 août, rassemblons-nous. Le 10 août, répondons toutes et tous à l’appel pour la paix et la justice.

Ni trop peu, ni trop tard. Ce sont les boniments de nos fausses excuses.

Refusons de baisser les bras car Gaza n’a pas besoin de notre lassitude. Refusons de désespérer car Gaza n’a que faire de notre accablement.

Les gens de Gaza ne veulent pas de nos éclipses ; ils veulent eux aussi le soleil.

Christian Nadeau

Merci à l’auteur pour son aimable autorisation à la diffusion du texte ici.

Source : http://www.pressegauche.org/spip.php?article18485

Ce soir, dans le dôme de la Place des festivals, il y aura l’événement Courts Critiques 3 – Festival du nouveau cinéma. Lors de cette soirée engagée, on aborde certains sujets qui soulèvent l’indignation : lutte sociale, répression, environnement et autres.

Parmi les réalisateurs qui présenteront leur(s) courts, on retrouvera entre autres Moïse Marcoux-Chabot avec LA RIPAILLE (pour lequel j’ai composé la trame sonore).

[vimeo=http://vimeo.com/108594869]

Festival du Nouveau Cinéma, 14 octobre 2014
Dôme du FNC, Place des Festivals, Montréal
Ouverture des portes à 19h, projections à 20h
Entrée gratuite, places limitées, arrivez tôt!