Category: Interprétation musicale

Les 26 et 27 mars derniers, le guitariste Peter Bernstein se produisais en concert aux côtés de Brian Hurley (contrebasse) et André White (batterie). Ce fut une rencontre au sommet entre des musiciens très expérimentés.

Peter Bernstein, qui a collaboré avec Joshua Redman, Brad Meldhau, et Dr. Lonnie Smith et une pléthore d’autres icônes du jazz, nous a servi quelques pièces de Monk d’une impeccable folie. C’était délicieux. Le tout se passait au Upstairs.

En 2009, notre guitariste gentillhome sortait un album de pièces de Monk. Ça en vaut vraiment le détour.

Voici un extrait d’un autre concert de Peter Bernstein en compagnie de Brad Meldhau, Jeff Ballard et Larry Grenadier.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=Q7VQR4zgdv0]

Comme l’apprentissage d’une nouvelle langue, l’apprentissage de la musique passe l’acquisition de de notions et règles de base. Par exemple : la connaissance des notes, des gammes, des accords, des rythmes et du répertoire au goût de l’élève. L’utlisation de ces connaissances est dictée par des règles bien précises : comment former une gamme, quels accords «sonnent bien» ensemble, quelle(s) gamme(s) doit-on jouer sur tel accord pour obtenir tel son, quels rythmes doit-on employer pour créer du mouvement dans la phrase musical, etc.

Toutes ces notions et règles se doivent d’être pratiqué avec organisation, précision et méticulosité. Le niveau d’attention déployé par l’élève lors de la pratique de ces différents éléments se répercutera directement dans ses interprétations.

Toutefois, lorsque le musicien improvise, il doit abandonner tout désir de respecter les règles, d’appliquer les connaissances acquises; Il doit être au service de la musique. Il peut y parvenir en se demandant ce dont la musique «a besoin» et en ressentant ce qu’il faut faire et en «laissant la musique le jouer». Bref, il y parvient en devenant ce que la musique demande.

Donc, on acquiert une pléthore de connaissances et de règles puis, lors de l’improvisation, on oublie tout!

On est jamais certain de de la réaction que les autres auront face à nos idées, créations, etc.

Donc, si on a une chanson, improvisation, etc. à offrir, aussi bien le faire pour soi, à notre goût, selon nos standards et notre esthétique.

Nous ne sommes pas responsable de la réaction de l’autre personne : elle seule l’est.

En faisant les choses à notre goût dès le début, tout le processus est plus agréable du commencement à la fin. Et, notre état d’esprit lors du partage de notre oeuvre est plus détendu.

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En musique comme en affaires, en voyage ou en cuisine, il incombe d’avoir un plan, des objectifs. Ceci nous permet d’organiser nos idées de même que les actions à entreprendre pour arriver à nos fins. Sinon, on peut perdre un temps précieux à tourner en rond.

Technique – répertoire – date de tombée – pratique

En guitare, on cible, par exemple, une technique à améliorer. Disons, le doigté («fingerpicking»).

Ensuite, pour travailler ce doigté, l’on a le choix de la méthode. Je préconise celle du répertoire. Donc, on choisit une pièce que l’on aime dans laquelle il y a du fingerpicking.

Ensuite, on détermine une date butoir réaliste à laquelle ladite pièce sera apprise par coeur. Pour le plaisir, on peut aussi décider de la présenter à un/une amie, chum/blonde, chat/chien/oiseau, facteur, etc.

Durant toutes ces étapes, il est essentiel d’être attentif à son état d’esprit, i.e. pas de soucis de performance. Le processus est plus important que le résultat. Lorsqu’on passe 20 heures à pratiquer une pièce qui dure deux minutes, aussi bien faire en sorte que ce soit agréable…

Pour que ce soit le cas, il s’agit de se concentrer sur ce que l’on aime de cette pièce lorsqu’on la pratique. Disons qu’elle rappelle des souvenirs de voyage. Alors dans la pratique, on laisse venir les images, on vit ses émotions et on devient ce que l’on joue.

C’est une expérience merveilleuse…

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En conclusion, l’atteinte d’objectifs devient, avec le temps et un peu d’efforts, une source de motivation. L’élève y récolte les fruits des efforts qu’elle y a mis.

Quels fruits récolteras-tu?

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En jazz et en musique improvisée, les interprétations les plus touchantes (vraies) sont exécutés par des musiciens ayant atteint un équilibre entre leur volonté de bien jouer et la maîtrise technique.

Élaborons. Lors de l’apprentissage d’un instrument de musique, il est nécessaire d’avoir la volonté de s’améliorer et de bien s’exprimer à travers son instrument. Dans le même ordre d’idées,  la technique doit aider l’expression musicale. Or, il arrive qu’à certaine période du développement d’un artiste, il y ait un déséquilibre entre la technique et la volonté. Par exemple, un guitariste acquiert toutes sortes de notions dans l’optique d’improviser. Étant très curieux, il accumule et accumule des connaissances sans les mettre en application. Dès lors, lorsqu’il se retrouve en situation de jeu (avec d’autres musiciens ou seul), il a un blocage car il a plus d’idées que ce que ses doigts sont capables de jouer à cet instant.

Faisons l’analogie suivante : comparons la tête de notre ami musicien à un sac à dos que notre ami musicien porte. Lorsque le sac est presque vide, tout va bien; notre musicien se promène légèrement et peut même batifoler allégrement. Toutefois, quand le sac est plein, notre musicien ne peut plus courir, ni même gambader, il peut à peine marcher très vite (sauf si il est bâti comme un boeuf, ce qui est rarement le cas, mais bon, passons.) L’idéal, je crois, est donc d’ajuster le contenu du sac à dos en fonction du chemin à parcourir.

En somme, je dirais que la volonté peut nous permettre de nous améliorer en tant qu’artiste (cuisinier, gestionnaire, chef, avocat, etc.). Toutefois, indépendamment de cette volonté, nous  devons toujours travailler avec ce que nous maîtrisons dans le moment présent. Sinon, l’on obtient de drôles de résultats : jeu forcé, fausses notes dues à une application trop lente de connaissance théorique, etc. Donc, on doit être conscient de ce que l’on connaît; de ce qu’on maîtrise; de ce qu’on veut être capable de faire et surtout, l’on doit jouer ce que l’on maîtrise dans le moment présent.

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Il existe plusieurs façon d’apprendre à connaître les notes notes sur le manche. L’une d’elle est l’apprentissage de bloc.

Qu’est-ce qu’un bloc? Un bloc correspond à un groupe de notes (appartenant à une gamme donnée) disponibles dans un endroit donné du manche disons les cases  1 à 5 des cordes 1 à 6.

voici six blocs :

Observations :

  • tous les blocs ont été crée à trois notes par cordes dans l’optique de développer un «picking» qui alterne entre les coups vers les bas et les coups vers le haut.
  • les doigtés sont indiqués à la mine. Il est important de les respecter et de les apprendre par coeur
  • les notes encerclées sont les toniques*. Il essentiel de les connaître car celle-ci nous permettrons de transposer les blocs dans d’autres tonalités.

Lorsque l’on se retrouve en situation musicale, on ne doit pas jouer toutes les notes du bloc. On doit seulement choisir les notes qui sont appropriées à la situation musicale dans laquelle on se trouve, on doit donner à la musique ce qu’elle demande.

Voici un vidéo qui présente l’ensemble des blocs enchaîné

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=KUEdTg_Z9OA]

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* Tonique : c’est la note qui commence la gamme.

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Parlant de son développement en tant que musicien : « Je crois dans les gens qui ont développé leur talent par le travail acharné. J’ai toujours aimé les gens qui s’étaient développés au moyen de l’introspection et beaucoup de dévouement. Je crois que ce quoi ils arrivent est beaucoup plus profond et plus beau que ce à quoi arrivent les gens qui «possèdent» ces habilités et cette fluidité dès le début. Je le dis car c’est un bon message à donner aux jeunes qui se sentent comme je me suis senti au début. T’entends des musiciens qui joue avec fluidité et une conception complète à un très jeune âge, pendant que toi, tu ne l’as pas. Je ne l’avais pas. Ultimement, ça a prouvé que ces gens au talent naturel n’ont pas apporté leurs choses très loin. Quant à moi, je devais savoir ce que je faisais. Je me suis retrouvé à être attiré par les artistes qui s’étaient développés grâce aux années en devenant peu à peu de meilleurs musiciens avec une conception globale plus profonde.»

Citant Gershwin : « Pour chaque bonne pièce de musique composée, il y a en douze de mauvaises. »

Citant Goethe : « Tout le monde possède le potentiel de faire de grandes choses s’ils travaillent à l’intérieur de leurs limites. »

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Traduction libre tirée du du Jazz Composer’s Companion de Gil Goldstein

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Bill Evans sur Wikipedia

Il arrive à tout artiste de se créer une zone de confort dans laquelle elle va évoluer. En musique improvisée, ceci peut avoir pour résultat une certaine lassitude de la part de l’interprète. Celle-ci devient graduellement tannée des sons qu’elle produits, des phrases musicales qu’elle crée. Bref, ses improvisations lui tapent sur les nerfs.

Il y a plusieurs façons de sortir de cette impasse musicale. Entre autres, l’acquisition et la mise en pratique de nouvelles connaissances (par exemple : l’apprentissage de nouvelles  pièces de musique, mélodies, gammes, d’arpèges, de nouveaux rythmes, de nouveaux accords, etc.)

On peut aussi continuer à travailler les même notions mais, avec un regard différent. Par exemple, au lieu de jouer les gammes en notes conjointes (do-ré-mi-fa-sol-la-si-do), on peut les jouer en intervalles, disons en tierce : do-mi, ré-fa, mi-sol, fa-la, sol-si, la-do, si-ré, do, etc. Ajoutons à cela des variations rythmiques et les différentes possibilités deviennent très nombreuses.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=OFmpIkLI-Zk]

En conclusion, ce qui me semble le plus satisfaisant est une combinaison de ces deux façons de faire : l’on acquiert de nouvelles connaissances tout en employant avec un nouveau regard ses anciennes connaissances.

Bonus

Une autre méthode est destinée au plus téméraire. Charles Ellison,  professeur d’improvisation jazz de l’Université Concordia, me l’avait présenté ainsi avant un concert : «joues quelque chose que tu n’as jamais joué auparavant.» Essayez ça! Les résultats parleront d’eux-même.

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Il arrive un jour ou l’autre à la musicienne d’atteindre un plateau. À ce moment, la musicienne sent qu’elle se répète, qu’elle joue toujours les mêmes choses, bref, qu’elle tourne en rond. Ces étapes peuvent paraître difficiles sur le coup mais elles peuvent aussi contribuer, si on s’en donne la peine, à de belles découvertes musicales.

Une des méthodes agréables qui aide à «sortir» d’un plateau consiste à chercher la réponse à quelques questions :

Qu’est-ce que je veux être capable de faire?  (ex : improvier comme Joe Pass, Jouer un solo de Steve Vai, jouer le dernier tube de Leloup, «groover» comme John Mayer, utiliser des pédales d’effets, etc.) Plus l’idée de ce qu’on cherche à accomplir est précise, plus les actions à poser seront faciles à identifier.

Quelles étapes dois-je franchir pour m’y rendre? (Un prof peut-il m’aider à y parvenir?) Si l’on ne trouve pas les réponses soi-même, un prof peut être d’une grande utilité. Toutefois, il incombe à l’élève d’avoir une attitude d’ouverture face aux enseignements qu’un professeur peut lui apporter. Si ce n’est pas le cas, l’élève sentira qu’il perd son temps et fera certainement perdre celui de son prof.

Il arrive aussi parfois que l’élève soit ouvert aux enseignements du prof mais qu’il ne comprenne pas ou ne sente pas l’application de notions abordées en cours. (par exemple : gammes, arpèges, savoir nommer les notes, etc.) À ce moment, il est essentiel que l’élève continue de faire les exercices proposés par le prof afin d’éventuellement développer une meilleure compréhension de l’utilité des outils maintenant en sa possession. Si l’on fait une analogie avec le Tai chi, on peut dire qu’il est très difficile, si ce n’est pas carrément impossible, pour le néophyte de «ressentir» les premiers mouvements. Avec le temps, l’attention et le désir de comprendre et de s’améliorer, l’élève développera le sens du mouvement et de l’utilité de celui-ci.

Quelles sont les efforts que je suis prêt à faire pour y arriver? Pratiquer une heure par jour ne donnera pas les même résultats que 15 minutes aux trois jours. À l’élève de voir ce qui lui convient. La fin justifie les moyens!

La possibilité d’atteindre les objectifs est, je crois, proportionnelle aux efforts donnés, à la patience et à la capacité de faire face aux défis dans le processus d’apprentissage.

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Je suis curieux de connaître tess expériences, savoir si d’autres questions te viennent à l’esprit? écris-moi