Category: Interprétation musicale

Le compositeur américain David Lang a gagné un prix pullitzer pour sa composition Intitulée Little Match Girl Passion (2007).

Inspiré par une histoire pour enfants de Hans Christian Andersen, The Little Match Girl Passion utilise l’histoire de la Passion selon St-Mathieu de Bach mais remplace Jésus par une petite fille aux allumettes.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=9Tn5-gHJ4Nk]

On peut écouter une entrevue inspirante avec le compositeur ici

 

Récemment, une amie (merci Marie-Claire!) m’a mis sur la piste du texte du cinéaste Robin Aubert. Celui-ci s’adresse aux étudiants dans la lettre reproduite ici (Un peu comme Rainer Maria-Rilke l’a fait dans sa lettre à un jeune  poète.)

« On m’a souvent demandé d’aller parler de mon travail à des étudiants en cinéma. Ce fut le cas, il n’y a pas si longtemps avec la classe de Denis Chouinard à l’UQAM. Je me suis désisté. Enfin, pas vraiment, j’ai trouvé un moyen de ne pas y être. (Chouinard n’est pas fou tout de même). J’ai fait la même chose pour une autre université. Je suis mal dans ce genre de situation. Les mots sortent tout croche et les jurons les remplacent goulûment. On devient vite un cliché de nous-même. Alors, on tente d’éviter ce genre d’événement.

Donc, voici ce que je dirais aux étudiants qui veulent faire du cinéma :

Faites à votre tête.

Ayez peur.

Faites votre chemin sans vous soucier de la course et de la ligne d’arrivée.

Envisagez de bifurquer dans un sentier inconnu pour voir ce qui se trouve au fond du bois.

Achetez une caméra.

Ne la laissez pas dans son sac de protection.

Filmez.

N’ayez pas peur d’avoir peur.

Construisez-vous une famille.

Elle vous sera utile et fidèle.

Ne rêvez pas aux petits canapés des festivals.

En général, ils ne sont pas très bons.

Ne jugez pas le subconscient. Il écrit les plus belles scènes.

Roulez en voiture ou faites de la bicyclette.

Le mouvement aide l’inspiration.

N’attendez pas que l’inspiration vienne.

Elle est comme une outarde qui part et revient.

Écrivez à tous les jours.

Apprenez à monter.

Il faut savoir construire une scène avant de pouvoir la réaliser.

Acceptez les commentaires, mais gardez en tête la genèse de votre idée de départ.

Ayez confiance en votre monde même si ce monde n’offre pas une clef à tout et chacun.

Soyez respectueux et reconnaissant des gens qui se donnent corps et âme pour que votre film se fasse comme vous l’avez imaginé.

Entourez-vous de bons producteurs.

Arrêtez de parler et faites.

Ce n’est pas autour d’une bière au Plan B qu’on fait un film.

Ne soyez pas amers.

L’amertume tue le plaisir.

Cette chose est capricieuse et sans intérêts dans l’exploration.

Explorez.

Au risque de vous péter la gueule.

N’ayez pas de recul sur votre œuvre.

Laissez cela aux autres.

Ils auront un charmant plaisir à vous le rappeler, de toute façon. Un jour, n’ayez crainte, vous aurez une idée d’ensemble de ce que vous avez fait, mais bien plus tard, lorsqu’une chaise berçante sera votre seule source d’activité.

Apprenez à construire avant de déconstruire.

Picasso a fait du figuratif avant de faire de l’abstrait.

Comprenez ce qu’est l’axe au cinéma. Et si vous n’êtes pas dans une école de cinéma, informez-vous auprès d’une réalisatrice ou d’un réalisateur. Allez prendre un café avec. Il vous fera un plaisir de vous expliquer. Et s’il est trop occupé pour vous voir, trouvez-vous un directeur photo, une scripte ou quelqu’un qui sait de quoi il parle.

Ensuite, mettez-le en pratique.

Informez-vous, lisez le journal et des romans, regardez des films, visitez les musées, voyagez, écoutez la vie des gens, goûtez à des choses rocambolesques, perdez-vous dans des ruelles louches et étranges, écoutez de la musique, écrivez vos rêves, allez voir vos grands-parents, évitez la télévision à tous les jours, prenez le métro, l’autobus, le train, l’avion et le bateau.

Vous pouvez raconter ce que vous voulez, mais n’écrivez jamais en fonction du goût du jour ou ce que semble être l’appréhension ambiante et l’intérêt des programmateurs de salle ou des festivals. En bout de piste, cela ne vous servira en rien.

N’écoutez surtout pas les autres cinéastes sur ce que devrait être votre film. Ils n’ont aucun point de vue sur le film des autres.

Lavez de la vaisselle. Ça aide à réfléchir et ça nettoie le passé.

Ne vous laissez jamais détruire par une critique. Ce ne sont que des mots cordés de manière à vous faire réagir.

Acceptez la critique.

Soyez rassembleurs. Il y a plusieurs manières de le faire. Trouvez la vôtre.

Ne prenez pas les autres au sérieux lorsqu’ils vous disent de ne pas prendre vos films au sérieux.

Ne vous prenez pas au sérieux ou sachez qu’il y a une ligne à ne pas dépasser.

N’écoutez pas à la lettre la bonne aventure d’un charlatan. Il vous dira ce que vous voulez entendre.

* Ceci est très important. Prenez soin de choisir la meilleure personne pour interpréter un personnage. Vous venez d’exécuter 50% de votre travail comme directeur d’acteurs.

Ne vous laissez jamais imposer un acteur pour un rôle. Respectez tout de même leur choix. Ils le font pour des raisons qui entourent leur travail. Mais ne les écoutez pas.

Choisissez votre camp, mais ne cracher jamais sur celui qui a décidé de faire partie d’un autre. Chacun à ses raisons de faire un film. Et ça, il faut l’accepter.

Lisez tout haut les dialogues que vous écrivez. Il n’y a rien de plus chiant pour un acteur de dire des phrases qui ne se disent pas. Dans la vie, on ne parle pas comme dans un livre de Balzac.

N’arrivez pas en retard à votre premier jour de tournage.

Soyez conscients des caprices de chaque membre de l’équipe de tournage, mais ne vous laissez pas influencer.

Même si cela ne fait pas partie des règles de la convention, parlez aux figurants et roulez des fils. Ne vous laissez jamais bouffer par la hiérarchie et ne mettez jamais votre rôle sur un piédestal.

Avec le temps, on comprend qu’il est inutile de faire des crises, taper sur le bureau, claquer la porte ou faire des trous avec un crayon dans un divan de cuir. Cela prouve qu’une chose : que vous êtes à court d’arguments. Ces gestes ne font qu’accentuer votre faiblesse à exprimer votre point de vue.

Respirez par le nez. Ne répondez pas lorsque vous êtes en état de panique. Allez prendre une marche. Retournez la question dans votre tête. Tournez votre langue plus de sept fois s’il le faut. Revenez à la charge avec votre idée. Soyez patients.

L’une des règles première pour rendre heureuse une équipe de tournage : avoir un bon kraft.

Ne cherchez pas à tout prix à être irrévérencieux et à contre-courant. Si vous faites ce qui vous guide vraiment, cela viendra tout seul. Je vous le promets.

N’écoutez rien de ce que je viens de tout vous dire.

Faites à votre tête.»

Source : http://voir.ca/danny-lennon/2010/09/13/robin-aubert-lettre-aux-etudiants/


Dans le cadre de la campagne  adoptez un musicien orchestré par le Conseil Québécois de la Musique, j’ai été adopté par l’équipe de l’émission Temps Libre de Radio Ville-Marie. De 16h30 à 18h pour quelques vendredis à venir, je serai l’invité de François Beauregard.

Nous y discuterons de mon parcours de musicien, de mes expériences, de ma passion pour le kung fu, etc.

On peut syntoniser l’émission sur internet via radiovm.com ou sur les stations de radios suivantes :
– Montréal  (91,3 FM)
– Laurentides et environs (91,3 FM)
– Estrie: Sherbrooke et environs (100,3 FM)
– Mauricie: Trois-Rivières et environs (89,9 FM)
– Centre: Victoriaville et environs (89,3 FM)
– Bas St-Laurent: Rimouski et environs (104,1 FM)
– Outaouais: Gatineau-Hull et environs (1350 AM)

Qu’est-ce qu’Adoptez un musicien ?
Adoptez un musicien ! est une campagne médiatique qui vise principalement à démystifier l’image du musicien auprès des médias et du public. Adoptez un musicien ! présente une trentaine de musiciens (compositeurs, chanteurs, instrumentistes, etc.) aux médias et les invite à en adopter un pour quelques heures (ou pourquoi pas quelques jours !). L’adoption résulte en une entrevue pour la presse écrite, la radio ou la télé dans le cadre de la Journée internationale de la musique (1er octobre). Les médias visés ne sont pas nécessairement des médias spécialisés en musique puisque la campagne cherche avant tout à rejoindre de nouveaux publics. Il fut ainsi possible de voir lors des précédentes éditions, un électroacousticien faire l’objet d’un article de la revue Québec Science pour l’invention d’un instrument; ou un chef d’orchestre, amateur de hockey, faire la chronique sport à l’émission Matin express week-end de RDI; ou un pianiste, amateur d’auto, faire une chronique automobile à l’émission Monde de l’auto de Canal Vox (en écoutant du Chopin); ou un flûtiste discuter de whisky avec Joël LeBigot à Samedi et rien d’autre à la Première chaîne de la SRC et interpréter quelques pièces solos en direct.

Voici quelques passages (traduits par votre dévoué) tirés de la revue Downbeat de mars 2011 consacré au pianiste compositeur Brad Meldhau. Celui-ci y parle, entre autres, de ses influences et de sa conception de la composition.

« Il faut demeurer attentif et ne pas ajouter trop de matériel – la continuité est obtenue lorsqu’une idée centrale est développée vigoureusement. » À propos de la composition, faisant référence à son œuvre Highway Rider

« Les grandes pièces de musique nous laissent dans un état d’espérance infinie. »

Brad Mehldau Don’t Be Sad (Highway Rider) [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=ofKwlfViDK8]

« Metamorphosen [Richard Strauss] est, pour moi, une pièce parfaite si une telle pièce peut exister. Tout y est : l’économie du développement thématique […] le mariage parfait entre les aspects «horizontal» et «vertical» exprimés – la pièce est à la fois très harmonique et très mélodique. […] Le langage harmonique du Strauss de cette période – de même que celui de Schoenberg à ses débuts et dans des pièces telle que Pelléas et Mélisande, ou bien encore Mahler et ses dernières symphonies, particulièrement la neuvième et la dixième (inachevée) – c’est un langage que je veux habiter.C’est le sur le bord du précipice, mais ça demeure tonal. »

Richard Strauss Metamorphosen [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=2y1QOPeVtq4]

Claude Debussy  Pelléas et Mélisande [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=bzDJSuGIB6E]

Gustav Mahler neuvième symphonie [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=DZhPE_XFY7I]

« Mieux vaut être complet que parfait. » C.G. Jung

« Mieux vaut se mettre sérieusement à quelquechose de médiocre que de rêver éternellement à la perfection. » Henry de Tourville

Voici une série de cinq vidéos (en anglais) qui présente différents aspects du jeu du guitariste Bill Frisell.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=t1Bh92SBFJE]

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=W6mwuQM5dYA]

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=FInW-BYXAxU]

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=oTgaO1v4RFE]

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=mT5fabWwCaE]

Salut, salut !

Dès le 6 septembre, j’offrirai une nouvelle session de cours de musique / guitare.

Nous élaborons ensemble les objectifs du cours.

Voici quelques uns de sujets les plus populaires :

  • L’improvisation jazz
  • La préparation aux auditions (CEGEP et Universités)
  • Le répertoire de chansonnier / feu de camp
  • La lecture des notes de musique
  • L’histoire du jazz

Inscription

Tarifs*

35$ de l’heure
10 cours d’une heure 330$ (une économie de 20$)

Les cours ont lieu à mon domicile près du métro Jarry.

Pour ceux qui demeurent plus loin, j’offre maintenant des cours sur SKYPE (pseudo elixirmusiques)

* Toute annulation de cours doit être faite au moins 24 heures à l’avance. Idéalement, le cours est repris la semaine même, sinon le cours est facturé.

Au plaisir d’avoir de tes nouvelles!

Sylvain
(514) 651-3003
Inscription
 
Voici quelques billets dignes d’intérêt :

L’accompagnement jazz : ça doit danser

les sept blocs de la gamme de Do majeur en détail

les blocs de la gamme de Do majeur

Pratiquer les gammes différemment

Quelques questions à l’attention du musicien qui a atteint un «plateau»…

Les blocs et la guitare – vers l’improvisation…

Bonus : Pensée du vendredi – L’esprit du gourmet

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=e_pR1sHHeQU]

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=q0DQRfm0uL8]

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=p-13iz_9Cdk]

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=pjhEV3665lo]

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=BhQfggqNuYM]

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=mM2N-c2iW_s]

Voici l’entrevue en baladodiiffusion : http://download.itv.com/southbankshow/reich.m4a

Cette entrevue a été réalisé en 1998 par Brett Primack.

L’entrevue est en anglais et dure près d’une heure.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=B5dpkkzCgJk]

Voici leur version de Summertime

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=rPyygbih2Rg]

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=LCnePeqnC7Q]

«Au mot « interpréter », j’ai toujours préféré le mot « transmettre » qui me semble mieux rendre compte de ce que devrait être l’attitude de ceux qui sont chargés de porter de la lumière sur une oeuvre. Il fut une époque où l’on s’octroyait tous les droits, où l’oeuvre était livrée au vandalisme des interprètes. Or pour moi, dès que c’est l’interprète qui domine, le jeu est faussé. L’interprète gagne mais l’oeuvre perd. Au fond, une interprétation sublime est une interprétation qui fait que j’oublie le compositeur, que j’oublie l’interprète, que je m’oublie moi-même ; j’oublie tout excepter le chef-d’oeuvre : je suis devant le Titus à la National Gallery de Londres ; s’il est mal éclairé, je ne le vois pas, mais il est là. Il s’agit de le mettre à une place telle que je puisse le voir.

Je crois que l’oeuvre d’art domine l’ensemble de tous les interprètes.»

 

«[…] c’est pour moi rendre hommage à son rôle [l’interprète] que de dire : celui qui disparaît, celui-là est l’interprète suprême. Il faut que l’interprète soit extraordinaire pour rendre tout son être, toute son identité à l’oeuvre, en s’immergeant dans l’oeuvre, au lieu de ramener l’oeuvre à lui, ce qu’il fait fatalement dans une certaine mesure. Mais je crois qu’il doit ne penser qu’à l’oeuvre.»

Monsaingeon, Bruno, Mademoiselle, Paris, Éditions Van de Velde, 1977,  pp 97-98

Voici un extrait du film Mademoiselle du même Bruno Monsaigeon [youtube=http://www.youtube.com/watch?hl=en&v=5KfNPeTI_ek&gl=US] (il y a un passage particulièrement intéressant à partir de la septième minute.)

«Alors quand vous composez, j’aime mieux que vous vous trompiez si vous vous trompez mais que vous restiez naturel que vous restiez libre que si vous commencez à vouloir paraître autre que ce que vous êtes. »

«On peut chercher pour de bonnes raisons ou on peut chercher pour de mauvaises raisons. Si on cherche pour cacher sa misère, on a tort ; si on cherche pour dire que l’on voudrait vraiment dire on le doit. »