Category: Enseignement

En musique comme en affaires, en voyage ou en cuisine, il incombe d’avoir un plan, des objectifs. Ceci nous permet d’organiser nos idées de même que les actions à entreprendre pour arriver à nos fins. Sinon, on peut perdre un temps précieux à tourner en rond.

Technique – répertoire – date de tombée – pratique

En guitare, on cible, par exemple, une technique à améliorer. Disons, le doigté («fingerpicking»).

Ensuite, pour travailler ce doigté, l’on a le choix de la méthode. Je préconise celle du répertoire. Donc, on choisit une pièce que l’on aime dans laquelle il y a du fingerpicking.

Ensuite, on détermine une date butoir réaliste à laquelle ladite pièce sera apprise par coeur. Pour le plaisir, on peut aussi décider de la présenter à un/une amie, chum/blonde, chat/chien/oiseau, facteur, etc.

Durant toutes ces étapes, il est essentiel d’être attentif à son état d’esprit, i.e. pas de soucis de performance. Le processus est plus important que le résultat. Lorsqu’on passe 20 heures à pratiquer une pièce qui dure deux minutes, aussi bien faire en sorte que ce soit agréable…

Pour que ce soit le cas, il s’agit de se concentrer sur ce que l’on aime de cette pièce lorsqu’on la pratique. Disons qu’elle rappelle des souvenirs de voyage. Alors dans la pratique, on laisse venir les images, on vit ses émotions et on devient ce que l’on joue.

C’est une expérience merveilleuse…

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En conclusion, l’atteinte d’objectifs devient, avec le temps et un peu d’efforts, une source de motivation. L’élève y récolte les fruits des efforts qu’elle y a mis.

Quels fruits récolteras-tu?

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En jazz et en musique improvisée, les interprétations les plus touchantes (vraies) sont exécutés par des musiciens ayant atteint un équilibre entre leur volonté de bien jouer et la maîtrise technique.

Élaborons. Lors de l’apprentissage d’un instrument de musique, il est nécessaire d’avoir la volonté de s’améliorer et de bien s’exprimer à travers son instrument. Dans le même ordre d’idées,  la technique doit aider l’expression musicale. Or, il arrive qu’à certaine période du développement d’un artiste, il y ait un déséquilibre entre la technique et la volonté. Par exemple, un guitariste acquiert toutes sortes de notions dans l’optique d’improviser. Étant très curieux, il accumule et accumule des connaissances sans les mettre en application. Dès lors, lorsqu’il se retrouve en situation de jeu (avec d’autres musiciens ou seul), il a un blocage car il a plus d’idées que ce que ses doigts sont capables de jouer à cet instant.

Faisons l’analogie suivante : comparons la tête de notre ami musicien à un sac à dos que notre ami musicien porte. Lorsque le sac est presque vide, tout va bien; notre musicien se promène légèrement et peut même batifoler allégrement. Toutefois, quand le sac est plein, notre musicien ne peut plus courir, ni même gambader, il peut à peine marcher très vite (sauf si il est bâti comme un boeuf, ce qui est rarement le cas, mais bon, passons.) L’idéal, je crois, est donc d’ajuster le contenu du sac à dos en fonction du chemin à parcourir.

En somme, je dirais que la volonté peut nous permettre de nous améliorer en tant qu’artiste (cuisinier, gestionnaire, chef, avocat, etc.). Toutefois, indépendamment de cette volonté, nous  devons toujours travailler avec ce que nous maîtrisons dans le moment présent. Sinon, l’on obtient de drôles de résultats : jeu forcé, fausses notes dues à une application trop lente de connaissance théorique, etc. Donc, on doit être conscient de ce que l’on connaît; de ce qu’on maîtrise; de ce qu’on veut être capable de faire et surtout, l’on doit jouer ce que l’on maîtrise dans le moment présent.

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Il arrive un jour ou l’autre à la musicienne d’atteindre un plateau. À ce moment, la musicienne sent qu’elle se répète, qu’elle joue toujours les mêmes choses, bref, qu’elle tourne en rond. Ces étapes peuvent paraître difficiles sur le coup mais elles peuvent aussi contribuer, si on s’en donne la peine, à de belles découvertes musicales.

Une des méthodes agréables qui aide à «sortir» d’un plateau consiste à chercher la réponse à quelques questions :

Qu’est-ce que je veux être capable de faire?  (ex : improvier comme Joe Pass, Jouer un solo de Steve Vai, jouer le dernier tube de Leloup, «groover» comme John Mayer, utiliser des pédales d’effets, etc.) Plus l’idée de ce qu’on cherche à accomplir est précise, plus les actions à poser seront faciles à identifier.

Quelles étapes dois-je franchir pour m’y rendre? (Un prof peut-il m’aider à y parvenir?) Si l’on ne trouve pas les réponses soi-même, un prof peut être d’une grande utilité. Toutefois, il incombe à l’élève d’avoir une attitude d’ouverture face aux enseignements qu’un professeur peut lui apporter. Si ce n’est pas le cas, l’élève sentira qu’il perd son temps et fera certainement perdre celui de son prof.

Il arrive aussi parfois que l’élève soit ouvert aux enseignements du prof mais qu’il ne comprenne pas ou ne sente pas l’application de notions abordées en cours. (par exemple : gammes, arpèges, savoir nommer les notes, etc.) À ce moment, il est essentiel que l’élève continue de faire les exercices proposés par le prof afin d’éventuellement développer une meilleure compréhension de l’utilité des outils maintenant en sa possession. Si l’on fait une analogie avec le Tai chi, on peut dire qu’il est très difficile, si ce n’est pas carrément impossible, pour le néophyte de «ressentir» les premiers mouvements. Avec le temps, l’attention et le désir de comprendre et de s’améliorer, l’élève développera le sens du mouvement et de l’utilité de celui-ci.

Quelles sont les efforts que je suis prêt à faire pour y arriver? Pratiquer une heure par jour ne donnera pas les même résultats que 15 minutes aux trois jours. À l’élève de voir ce qui lui convient. La fin justifie les moyens!

La possibilité d’atteindre les objectifs est, je crois, proportionnelle aux efforts donnés, à la patience et à la capacité de faire face aux défis dans le processus d’apprentissage.

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Je suis curieux de connaître tess expériences, savoir si d’autres questions te viennent à l’esprit? écris-moi

Si vous aviez à acheter un livre de théorie musicale/guitare, que voudriez-vous qu’il contienne?

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Aborder la pratique d’un instrument de musique avec l’esprit d’un gourmet…

La gourmet déguste chacune des étapes de la préparation de son vice : manger! Avant le repas, avant même de partir de chez elle, elle s’imagine un agencement de saveurs qui se marieront bien ensemble. Elle en dresse une liste. Rendue au marché, elle s’enivre des fragrances qui se retrouveront dans son assiette. Si l’inspiration s’y prête, d’autres épices ou ingrédients s’ajouteront spontanément. Forte de cette chasse aux trésors alimentaire, la gourmet revient chez elle tout sourire. Anticipant avec plaisir le moment fatidique, elle dresse le couvert avec un soucis amoureux du détail. Puis, elle s’attelle aux casseroles et chaudrons concrétisant l’idée qu’elle s’était faite de ce festin. Des volutes enjôleuses s’échappent des marmites. Après quelques instants d’ébats culinaires presqu’amoureux, c’est prêt! Elle dépose les aliments dans les assiettes avec le plaisir du peintre qui trace les traits de son amour. Enfin, elle s’assoit et goûte chacune des saveurs, jouit des couleurs, agence les arômes dans son palais, fait durer le plaisir et, si elle le peut, le partage avec qui le veut.

Il n’y a pas si longtemps, se trouvaient un maître zen et son disciple qui marchaient dans les montagnes du Japon. Les deux cheminaient à pas lents, attentifs à leur respiration, à leurs pensées, à leur environnement. Après plusieurs heures de marche, le disciple commençant à avoir faim demanda au maître : « quand est-ce qu’on arrive ? » Le maître, d’une voix neutre, répondit : « nous y sommes.» Les deux continuèrent à marcher. Les minutes s’égrainaient comme le chapelet bouddhiste. La pluie s’était mêlée de la partie et le disciple avait de plus en plus faim et froid. Il demanda alors au maître : « quand est-ce que nous arrivons ? » Le disciple eu pour réponse : « nous y sommes.» Après plusieurs vaines tentatives, le disciple demanda : « je vous ai demandé à plusieurs reprises à quel moment nous allions y arriver, vous m’avez à chaque fois répondu « nous y sommes ». Pourquoi ? ». Et le maître de répondre : « nous y sommes. Nous y sommes. »

Dans l’apprentissage de la musique, tout se fait de façon organique : on apprend les bases, on construit, peu à peu, notre répertoire et , pour certains, on partage nos efforts avec d’autres (famille, amiEs, public, etc.) Pour être à même de partager les fruits de nos explorations musicales, est-ce que le fait de remettre à plus tard l’appréciation de ses compétences musicales est approprié ?

«Nous y sommes, nous y sommes…»

Dans la plupart des sports professionnels, les athlètes font des rituels avant d’effectuer leur performance sportive. Dans les arts martiaux, c’est la méditation et la visualisation de même que, dans certaines écoles traditionnelles, le salut aux ancêtres-fondateurs; les cyclistes du tour de France, quant à eux, s’étirent et reçoivent des massages.

En musique, il y a autant de rituels qu’il y a de musiciens. L’un d’eux consiste à s’asseoir confortablement et à écouter notre musique préférée du moment et à s’en laisser imprégner (pendant toute la pièce.) Un autre rituel qui commence bien la pratique consiste à accorder son instrument lentement et sûrement. Ce faisant, on accorde l’esprit, on se met au diapason de la pratique en se concentrant sur le sujet du jour (ex : mélodies, rythmes, progressions harmoniques et substitutions, accompagnement, «picking», techniques de main gauche, nuances, phrasé, visualisations, etc.)

À quoi sert la pratique (d’un instrument ou de toute forme d’art)?

La pratique sert à améliorer certains aspects techniques et à maintenir nos forces.

Sans y réfléchir, il est facile de tomber dans un piège : l’égo. Celui-ci fait en sorte que nous voulons nous sentir bien et fier de nous. Nous jouons donc ce que nous  connaissons déjà bien obtenant facilement un sentiment d’accomplissement éphémère.

Une des bonnes façons de pratiquer est de cibler les passages difficiles d’une pièce que nous apprenons. Ensuite, il s’agit de fignoler les détails d’exécution de chaque passage. Pour terminer, nous jouons la pièce au complet.

Il est certain que cette méthode peut, à prime à bord, donner un sentiment d’incompétence passager à l’interprète. Par contre, à long terme, la récompense sera proportionnelle à l’effort mis dans la pratique : plus on en donne, plus on en reçoit…

À garder en tête : intensité, soucis du détail, attention et, bien sûr, plaisir!

Certaines personnes emploient l’expression : «chu pas capable». En tant que prof, ça m’énerve; en tant que collègue, ça m’horripile; en tant qu’ami, ça me désole.

Pourquoi ne pas dire : c’est dur mais je vais essayer, c’est difficile mais je vais faire de mon mieux, etc.

Tout le monde est capable. Tout le monde. Il suffit d’y mettre un peu de cœur et de regarder les difficultés droit dans les yeux (avec le sourire c’est encore mieux.)

Tout projet commence par les premiers pas : va-t-on réaliser notre rêve (aller au camp de base de l’Everest, jouer un solo de Steve Vai, sauter en parachute, parler à telle personne, etc.) si l’on se dit que l’on n’est pas capable?

Il y a plusieurs façons d’enseigner la guitare. Il y a les méthodes; les techniques; l’«essai-erreur»; le look.

Celle qui a le mieux fonctionné pour moi est celle-ci : le prof enseigne à l’élève ce qu’il veut apprendre de même que la théorie expliquant chacune des pièces apprises.

Ce faisant, l’élève apprend ce qu’il veut, donc, il est heureux et motivé à pratiquer/explorer. En même temps, le choix du répertoire étant libre, le prof peut découvrir plein de nouvelles musiques et d’avenues musicales qui lui seront utiles pour d’autres élèves. Merveilleux !