Category: Enseignement

Dans le cadre d’Edmundston en Musique, le Trio Sylvain Picard se rendra au Nouveau-Brunswick cette fin de semaine. Le trio y donnera un atelier traitant de l’improvisation jazz et présentera son concert Airs à Faire Frire. De plus, vendredi soir Sylvain prendra part à un cercle d’auteurs dans lequel il présentera différentes façons de composer. Du plaisir en perspective!

Voici le contenu de l’atelier :

L’improvisation en jazz

À l’aide d’exemples joués par les musiciens du trio, le public sera amené à visiter les différentes étapes de l’improvisation en jazz. Nous ferons ce voyage ensemble par des réponses que nous donnerons à ces questions :

  • Qu’est-ce qu l’improvisation?
  • Son implication historique (l’utilisation des standards)
  • Démonstration à partir d’un standard québécois.
  • Qu’est-ce qu’un arrangement?
  • Quel est le rôle de chacun des instruments lors de l’improvisation?
  • Période de questions

Voici quelques passages (traduits par votre dévoué) tirés de la revue Downbeat de mars 2011 consacré au pianiste compositeur Brad Meldhau. Celui-ci y parle, entre autres, de ses influences et de sa conception de la composition.

« Il faut demeurer attentif et ne pas ajouter trop de matériel – la continuité est obtenue lorsqu’une idée centrale est développée vigoureusement. » À propos de la composition, faisant référence à son œuvre Highway Rider

« Les grandes pièces de musique nous laissent dans un état d’espérance infinie. »

Brad Mehldau Don’t Be Sad (Highway Rider) [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=ofKwlfViDK8]

« Metamorphosen [Richard Strauss] est, pour moi, une pièce parfaite si une telle pièce peut exister. Tout y est : l’économie du développement thématique […] le mariage parfait entre les aspects «horizontal» et «vertical» exprimés – la pièce est à la fois très harmonique et très mélodique. […] Le langage harmonique du Strauss de cette période – de même que celui de Schoenberg à ses débuts et dans des pièces telle que Pelléas et Mélisande, ou bien encore Mahler et ses dernières symphonies, particulièrement la neuvième et la dixième (inachevée) – c’est un langage que je veux habiter.C’est le sur le bord du précipice, mais ça demeure tonal. »

Richard Strauss Metamorphosen [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=2y1QOPeVtq4]

Claude Debussy  Pelléas et Mélisande [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=bzDJSuGIB6E]

Gustav Mahler neuvième symphonie [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=DZhPE_XFY7I]

L’amie Francine Poitras (qui a chanté pour le Cirque du soleil pendant près de 10 ans) donne des ateliers de chant.

Les chanteuses/eurs y développent, entre autres, une meilleure technique vocale, une meilleure compréhension de la morphologie de la voix et des méthodes pour poser la voix.

Atelier d’un jour à Montréal

Une fois par mois/atelier de 5 heures pour un groupe de 8 personnes
Session:  125$ par cours, 500$ pour la session par personne
Il est important de s’inscrire pour toute la session afin d’assurer une belle continuité.

Ateliers continus à Granby (sur demande)
niveau intermédiaire (cinq ateliers)
– minimum six personnes, maximum 10 personnes
– les élèves apportent leur lunch ou repas communautaire (pot luck)
– niveau avancé sur demande
– possibilité de participer au concert de fin d’année
– le samedi, une fois par mois (horaire à déterminer)

Pour en savoir plus et pour s’inscrire on peut contacter Francine directement au   (450) 361-6682 ou info@francinepoitras.com

http://www.francinepoitras.com/


Les pressions sont énormes dans la société d’aujourd’hui. Démesurées, en fait. On doit être rapide, efficace, performant, jeune, maigre, pas trop poilu, etc.

Personne n’y échappe.

La musicienne, lors de l’exécution de son geste artistique, ne dois pas viser une cible extérieur (i.e. vouloir paraître bonne, être perçue comme une grande artiste, être la meilleure, etc.) Si elle concentre son attention sur un résultat externe, elle manquera la cible à tout coup, s’enfargera dans ses doigts, fera des fausses notes. Bref, malgré les applaudissements, les tappes d’encouragements, elle ne sera sans doute pas satisfaite d’elle-même, si elle est moindrement honnête et intègre.

Elle doit plutôt se concentrer sur son geste, faire un avec lui, se dissoudre dans lui. L’idéal est qu’elle agisse en pleine confiance, en se permettant de briller, sans attente aucune, sans retenu, en se dévoilant totalement, sans artifice. Elle doit donc s’investir corps et âme à faire apparaître à l’extérieur la beauté de son paysage intérieur.

Cette attitude de transparence, de partage et de confiance doit être présente dès les premières notes de la pratique musicale. Ce faisant, la musicienne développe une attitude sincère face à elle-même et à sa pratique. Ce qui rend les heures de répétitions beaucoup plus agréable, il va sans dire.

Pour l’aider à orienter sa pratique, elle peut se poser des questions :

  • Qu’est-ce que cette musique me fait ressentir?
  • Qu’est-ce que j’ai envie d’exprimer quand je joue cette musique?
  • De quoi cette musique a-t-elle besoin?
  • Qu’est-ce qui est vrai pour moi dans cette musique?

La réponse à ces questions (et à d’autres) aide à organiser la pratique d’un instrument de musique.

Un peu comme les champignons qui poussent naturellement sur le fumier (sauf pour les cultures de champignons magiques, mais ça c’est une autre histoire), la pratique doit être orientée vers ce qui est naturel à la musicienne et non vers ce qu’elle croit qui serait susceptible de plaire à telle ou telle personne. De toute façon, ne dit-on pas que le naturel revient au galop?

Récemment, j’ai découvert le livre Fondement de la composition musicale écrit par Arnold Shoenberg. C’est un joyau.

Avant de l’ouvrir, je dois dire que je m’attendais à toutes sortes de théories très précises sur le sérialisme et le dodécaphonisme. Quelle ne fut pas mon  agréable surprise de constater qu’il n’abordait pas ces matières, mais plutôt des exemples très simples tirés d’un répertoire facilement accessible. Donc, les théories enseignées sont basées sur de la vrai musique et non sur de simples fantasmes intellectuels.La plupart des exemples (avec partitions à l’appui) proviennent d’oeuvre de Beethoven.

Voici ici reproduit quelques méthodes de développement musical qui peuvent être utiliser autant en composition qu’en improvisation :

Le rythme
* modification de la longueur des notes
* répétition des notes
* répétition de certains rythmes
* déplacement des rythmes sur d’autres temps
* ajout de levées
* changement de la mesure (i.e. chiffres indicateurs)

Les intervalles
* modification de l’ordre ou de la direction d’origine des notes
* ajout ou omission d’intervalles
* remplissage d’intervalles à l’aide de notes auxiliaires
* réduction au moyen d’omissions ou de condensations
* répétitions de certains traits
* décalage de traits sur d’autres temps

L’harmonie
* emploi de renversements
* ajouts à la fin
* insertions au milieu
* substitution d’un autre accord ou en chaînement

La mélodie
* transposition
* ajout d’harmonies de passage
* traitement «semi-contrapuntique» de l’accompagnement

Malgré toutes ces belles idées, gardons en tête, chère lectrice, cher lecteur, que ce sont les gens qui font la musique, non les théories.

Bonnes expérimentations !

Sylvain

«Si tu dois te comparer, compare-toi à toi-même.»

«Celui qui souhaite apprendre continuellement doit aborder son art avec l’esprit du débutant.»

«Peu importe nos habiletés du moment, l’on peut toujours faire mieux. Fonce, améliore-toi, joue et donne-le au suivant. N’essaie jamais d’être Le meilleur. Essaie simplement de donner le meilleur de toi-même.»

Traduction libre d’aphorismes tirés du livre The advancing guitarist

L’accompagnement jazz (ou «comping») est un sujet très complexe qui nécessite, avant d’être exécuté de façon convaincante, des années de pratique personnelle et en groupe. De plus, certaines idées doivent être gardées en tête lors de la pratique du «comping» afin de mener à bien l’expérience dont peut être tout interprétation musicale.

Je vous propose ici ma traduction de quelques éléments clefs de la présentation de Mulgrew Miller (superbe pianiste jazz).

«L’accompagnement est un sujet très dense et profond, du moins beaucoup plus que les jeunes ne le pensent.

Accompagner une chanteuse ou une soliste demande une sorte particulière d’implication envers la personne accompagnée. Il ne s’agit pas de se trouver sur le pilote automatique et de faire n’importe quoi.

Lorsqu’on accompagne quelqu’un, on doit rendre cette personne confortable et lui donner un soutien approprié. Si on est un pianiste/guitariste, on doit garder en tête au moins deux sortes de soutien à la fois : rythmique et harmonique. Tout cela, sans entraver la soliste. L’accompagnateur ne doit pas prendre plus de place que la soliste. Donc, soutenir sans ensevelir la soliste.

De plus, les deux parties doivent être en accord tant sur le plan harmonique (i.e. utiliser les mêmes qualités d’accords ou des accords complémentaires) que sur le plan rythmique.

Donc, une des bonnes façons de pratiquer l’accompagnment, en particulier pour l’aspect rythmique, est de s’accompagner soi-même jusqu’à temps qu’on se sente bien avec notre accompagnement. Ça doit être agréable, car la soliste doit se sentir bien aussi avec l’accompagnement. Alors, pour s’assurer que l’on soit capable de bien le faire en groupe, on doit d’abord le faire seul jusqu’à qu’on le sente bien. Si t’es un bassiste, tu dois jouer la «walking bass» jusqu’à temps que tu la sentes bien, … par toi-même. Idem pour la batterie. Par la suite, lorsque le groupe est réuni et que, individuellement, tout le monde se sent bien avec sa propre partie, alors tout le groupe se sent bien ensemble. Personne ne s’appuie sur personne d’autre; chaque partie est complémentaire.

Donc, lorsque j’accompagne une chanteuse ou un cuivre, je fais en sorte qu’ils sentent qu’ils n’ont pas besoin d’une batterie.

Aussi, lorsque je suis chez moi, je vais m’accompagner sur un blues et… ça doit danser, c’est ça, ça doit danser!

Ça doit être agréable.»

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=2lM46cSzupI]

Bonnes expérimentations!

Comme l’apprentissage d’une nouvelle langue, l’apprentissage de la musique passe l’acquisition de de notions et règles de base. Par exemple : la connaissance des notes, des gammes, des accords, des rythmes et du répertoire au goût de l’élève. L’utlisation de ces connaissances est dictée par des règles bien précises : comment former une gamme, quels accords «sonnent bien» ensemble, quelle(s) gamme(s) doit-on jouer sur tel accord pour obtenir tel son, quels rythmes doit-on employer pour créer du mouvement dans la phrase musical, etc.

Toutes ces notions et règles se doivent d’être pratiqué avec organisation, précision et méticulosité. Le niveau d’attention déployé par l’élève lors de la pratique de ces différents éléments se répercutera directement dans ses interprétations.

Toutefois, lorsque le musicien improvise, il doit abandonner tout désir de respecter les règles, d’appliquer les connaissances acquises; Il doit être au service de la musique. Il peut y parvenir en se demandant ce dont la musique «a besoin» et en ressentant ce qu’il faut faire et en «laissant la musique le jouer». Bref, il y parvient en devenant ce que la musique demande.

Donc, on acquiert une pléthore de connaissances et de règles puis, lors de l’improvisation, on oublie tout!

On est jamais certain de de la réaction que les autres auront face à nos idées, créations, etc.

Donc, si on a une chanson, improvisation, etc. à offrir, aussi bien le faire pour soi, à notre goût, selon nos standards et notre esthétique.

Nous ne sommes pas responsable de la réaction de l’autre personne : elle seule l’est.

En faisant les choses à notre goût dès le début, tout le processus est plus agréable du commencement à la fin. Et, notre état d’esprit lors du partage de notre oeuvre est plus détendu.

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