A propos elixirmusiques

Être humain. Guitariste-compositeur-arrangeur-pédagogue. Directeur du groupe jazz Pic et les Blancs de Mémoire, leader du trio Sylvain Picard, adepte de Bagua Zhang et de Tai Chi Chen. /// Full fledge human being. Guitarist/composer/arranger/teacher. Musical director for jazz octet Pic et les Blanc de Mémoire (Pic and the memory blanks), leader of the Sylvain Picard trio, bagua zhang and tai chi chen adept.

Pensées du vendredi : les esclaves et la tranquillité civile (Jean-Jacques Rousseau) (dernières)

«Les esclaves perdent tout dans leurs fers, jusqu’au désir d’en sortir. [...] S’il y a donc des esclaves par nature, c’est parce qu’il y a eu des esclaves contre-nature. La force a fait les premiers esclaves, la lâcheté les a perpétré.»

Tant qu’un peuple est contraint d’obéir et qu’il obéit, il fait bien;sitôt qu’il peut secouer le joug, et qu’il le secoue, il fait encore mieux : car recouvrant sa liberté, par le même droit qui la lui a ravie, ou il est fondé à la reprendre, ou ne l’était point à la lui ôter.»

«On dira que le despote assure à ses sujets la tranquillité civile. Soit : mais qu’y gagnent-ils, si les guerres que son ambition leur attire, si son insatiable avidité, si les vexations de son ministère les dérobent plus que ne le feraient leurs dissensions? Qu’y gagnent-ils si cette tranquillité même est une de leur misère? On vit tranquille aussi dans les cachots : en est-ce assez pour s’y trouver bien?»

Citations de Jean-Jacques Rousseau tirées Du contrat social.

Chère lectrice, cher lecteur, les pensées du vendredi prendront des vacances pour quelques temps. J’ajouterai dorénavant du contenu de façon plus spontanée, et surtout, plus de musique ! On peut trouver les archives des pensées du vendredi ici.

D’ici-là, je te souhaite une fin de semaine toute en liberté et indépendance d’esprit.

Salut bien,
Sylvain

Voodoo Jazz en concert au café Shaïka ce soir

en concert au Café Shaïka le 31 mai 2012

Le 31 mai avec Voodoo Jazz au Café Shaïka à 20h.
5526 Rue Sherbrooke Ouest Montréal, Québec (514) 482-3898

Vous êtes fou vous (composition Sylvain Picard)

L’homme qui plantait des sages (composition Sylvain Picard) 

Pensées du vendredi : les assoiffés du mieux-être (Refus global)

«Son pouvoir transformant [celui du peuple, dans ce cas-ci] se mesure à la violence exercée contre lui.»

«Les forces organisées de la société nous reprochent notre ardeur à l’ouvrage, le débordement de nos inquiétudes, nos excès comme une insulte à leur mollesse, à leur quiétude, à leur bon goût pour ce qui est de la vie (généreuse, pleine d’espoir et d’amour par habitude perdue.) 

«Ils [les hommes au pouvoir] se désavouent à salaire fixe, plus un boni de vie chère, à l’organisation du prolétariat ; ils ont mille fois raison. L’ennui est qu’une fois la victoire bien assise, en plus des petits salaires actuels [!], ils exigeront sur le dos même du prolétariat, toujours, et toujours de la même manière, un règlement de frais supplémentaires et un renouvellement à long terme, sans discussion possible.»

«Hier nous étions seuls et indécis.

Aujourd’hui un groupe existe aux ramifications profondes et courageuses ; déjà elles débordent les frontières.

Un magnifique devoir nous incombe aussi : conserver le précieux trésor qui nous échoit. Lui aussi est dans la lignée de l’histoire.
[...]
Ce trésor est la réserve poétique, le renouvellement émotif où puiseront les siècles à venir. Il ne peut être transmis que TRANSFORMÉ [en majuscule dans le texte], sans quoi c’est le gauchissement.

Que ceux tentés par l’aventure se joignent à nous.

Au terme imaginable, nous entrevoyons l’homme libéré de ses chaînes inutiles, réaliser dans l’ordre imprévu, nécessaire de la spontanéité, dans l’anarchie resplendissante, la plénitude de ses dons individuels.

D’ici-là sans repos ni halte, en communauté de sentiment avec les assoiffés d’un mieux-être, sans crainte des longues échéances, dans l’encouragement ou la persécution, nous poursuivrons dans la joie notre sauvage besoin de libération.»

Le Refus Global, Paul-Émile Borduas 1948

Pensée du vendredi : le sanctuaire de «Nous» ou le rythme des mots (Loco Locass)

À chacun son sanctuaire. Celui qui m’intéresse ici est celui des mots.

Porteur de son et de sens, les mots expliquent, compliquent, répliquent et piquent. Dans cette époque opaque, certains ont perdu leur lustre. Je pense à démocratie, en particulier, qui a été malmené par nombre de politiciens véreux et verbeux.

Utiliser à bon escient, les mots rassemblent, organisent, animent et pacifient.

Dans tous les cas, on se trouve face à un choix : «soit on s’évanouit; soit on s’épanouit.»

Voici Loco Locass qui nous invite dans leur sanctuaire

LA PUISSANCE RÉVOLUTIONNAIRE EST INTACTE AU QUÉBEC. L’esprit de liberté qui l’innerve et s’en nourrit s’est manifesté tout au long de notre histoire. Ce serait même ce qui nous caractérise essentiellement. Enclavés dans un milieu qui diffère du nôtre sur les plans historique, culturel, politique et social, nous sommes animés d’un mouvement propre qui résiste à l’enfermement et révèle, « au-delà d’une uniformité institutionnelle et d’un lien juridique artificiel entre nous et les autres, le phénomène bien plus profond de notre indépendance »*. Ce phénomène, reconnu occasionnellement, demeure invisible le reste du temps et la puissance révolutionnaire reclose.

Certes, le Québec participe d’un portrait plus large, celui d’un monde ébranlé par un capitalisme féroce, soutenu par les gouvernements et travaillant sans relâche à la déchéance des États. L’emballement et les excès du marché mondial instaurent une concurrence généralisée qui échappe à toute forme de régulation, menaçant les acquis humanistes des révolutions française et américaine. Cette érosion de la démocratie, si elle affecte des États constitués, minant leurs assises et leur pouvoir, elle menace d’anéantissement une société comme la nôtre, sans constitution et qui cultive pourtant l’illusion de sa cohésion et de sa cohérence.

Dans cet état des choses, alors que les mouvements de révolte et d’indignation traversent actuellement le monde, ouvrant des perspectives qui semblaient hier impensables, ici, la tentation est vive de dénoncer cette fausse présence au monde qui désarme l’esprit révolutionnaire. Car sans cet esprit il ne saurait exister de démocratie.

* Pierre Vadeboncoeur

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NOUS? EST UN ÉVÉNEMENT UNIQUE DE PRISE DE PAROLE, DE RÉFLEXION SUR L’ÉTAT
DU QUÉBEC, SA DÉMOCRATIE.

Pensée du vendredi : La société n’est plus complètement entre vos mains

«Pour la première fois, un ensemble important d’individus sont orientés chez nous vers l’inconnu. Ils bâtissent ce qu’ils ne connaissent pas encore. Ils ne demandent pas simplement des réformes, ils ne font pas simplement une politique : tout leur être se consacre à une oeuvre qu’ils ne connaîtront pas avant de l’avoir dégagé. Ils ne sont plus aussi vulnérables aux reflux d’opinions, car ils relèvent entièrement de leur sort de créateur. La société n’est plus complètement entre vos mains : vous connaîtrez les aléas de leurs découvertes. S’ils faiblissent, s’ils composent trop, le principe dont ils sont animés fera tout de même qu’ils auront des successeurs car l’esprit créateur se transmet. Rien ne résiste mieux à la corrosion et à la contrainte que l’absolue loyauté du créateur envers son oeuvre. L’esprit de création est un principe quasi inaltérable. Je reconnais naturellement que c’est à l’école de l’art que nous le devons principalement. L’art nous aura été un maître beaucoup plus important que l’histoire, et moins équivoque.»
Pierre Vadeboncoeur dans La ligne du risque

Le Trio Sylvain Picard à Musique Plus ce soir !

Salut, salut ! 

Qui l’eut cru? l’animateur et musicophage Claude Rajotte présentera une capsule à propos d’Airs à faire frire ce soir à 19h sur les ondes de Musique Plus
  

 C’est l’augure d’une bonne friture…

Airs à faire frire du Trio Sylvain Picard, c’est comme une rencontre musicale entre Bill Frisell, Érik Satie et la section rythmique de Tom Waits… Depuis 2009, l’ensemble peint des paysages sonores déglingués, créant des atmosphères bringuebalantes où le jazz est un terreau fertile servant de point de départ à une esthétique musicale bien contemporaine. Le trio est composé du compositeur Sylvain Picard à la guitare, deMathieu Descheneaux à la contrebasse et de Charles Duquette à la batterie et aux percussions. Airs à faire frire c’est une suite composée en l’honneur d’Erik Satie. Le titre est un clin d’oeil une oeuvre de Satie qui s’intitule Airs à faire fuir (1897). En plus des influences impressionnistes, dont celles de Maurice Ravel, les compositions de Sylvain surAirs à faire frire sont à la fois inspirées des univers braques de Tom Waits, Ennio Morricone et Danny Elfman, des paysages sonores telluriques de Bill Frisell et ceux contemplatifs de Kenny Wheeler. Troquant la virtuosité pour mieux créer des ambiances musicales se rapprochant de la musique de film, Sylvain conçoit la musique de son trio comme du cinéma pour les aveugles.

Mathieu Deschenaux, Sylvain Picard, Charles Duquette

Comme une lngue chaude dans l'oreille

Fait à retenir la pochette de l’album est ornée d’une reproduction d’une oeuvre de
Marc Séguin
Oeuvre de Marc Séguin, Void 1, 2006
Void 1 (© 2006, Marc Séguin)