Author: admin

Y’a des tounes comme ça qui nous marquent pour longtemps. Hé bien depuis un bon bout, je trippe sur « La maison est ouverte » de Richard Desjardins. C’est une toune épique qui évoque entre autre le manque d’humanité de la classe politique et économique.
Voici mon arrangement et interprétation.

En passant, j’aime tellement la toune qu’en 2004 j’en avais fait un autre arrangement pour Pic et les blancs de mémoire, un groupe de huit musiciens… On peut écouter ça ici
https://picetlesblancsdememoire.bandcamp.com/track/la-maison-est-ouverte-richard-desjardins

 

En 2012, inspiré par les événements socio-politiques de ce qu’on appelle maintenant Printemps Érable, j’ai composé Brûlot de printemps pour Magnitude6 (quintette de cuivre et percussion).

Je me suis imposé plusieurs contraintes afin de clarifier mes idées, de leurs donner une direction. Tout d’abord, la mélodie. Celle-ci est un calque direct du slogan entendu lors des manifestations : «La loi spéciale . . … On s’en câlice . . …» L’intervalle important ici est la tierce mineure descendante (prenons mi-do# par exemple). Toutes les mélodies de toutes les sections ont été élaborées à partir de variations de ce thème.

Ensuite, afin de démontrer la différence de discours entre celui du premier ministre et celui de la partie du peuple s’y opposant, j’ai essayé de donner des personnalités aux différentes parties. Il y a un donc un contraste marqué entre la mélodie de la trompette 1 (qui dépeint le représentant du gouvernement faisant la sourde oreille et sifflant comme une serin) et le reste de l’ensemble (qui représente en quelque sorte, la grogne de la population manifestant pour faire entendre ses revendications.)

À l’image de la turbulence du printemps, c’est une pièce qui brasse.

Les musiciens de Magnitude6 sont des virtuoses consommés :
Thierry Champs, Trompette
Frédéric Demers, Trompette
Frédéric Lapointe, Batterie
Laurence Latreille-Gagné, Cor
Samuel Lalande-Markon, Tuba
Simon Jolicoeur-Côté, Trombone

« J’pense qu’on vit toujours avec le doute. On va toujours vivre avec le doute. C’est juste que… tu peux marcher du côté lumineux du doute qui va t’apporter ben, ben, ben des questionnements pis des interrogations intéressantes. Pis si tu marches du côté obscur du doute, c’est autodestructeur, tsé, où sa paralyse, tu fais rien, tu veux pas rien dire. Moi, j’viens d’une génération, on était pauvre. […] Mais la plus grande pauvreté, c’était de dire “on peut pas l’faire”, “on n’a pas le droit d’parole”, “on est mieux d’se taire”, “on va prendre not’ trou”, “on n’a pas d’affaires icitte”… Ça! C’est la pauvreté. »

– Richard Séguin en entrevue avec la Fabrique Culturelle

On peut écouter la capsule complète ici

http://www.lafabriqueculturelle.tv/capsules/6941/la-source-des-mots-richard-seguin

À la prochaine génération d’artistes

Nous nous trouvons dans une période trouble et imprévisible.

Des horreurs du Bataclan, aux bouleversements en Syrie, à la tuerie de San Bernardino, nous vivons dans une époque de confusion et de douleur. En tant qu’artistes, créateurs et rêveurs de ce monde, nous vous demandons de ne pas être découragés par ce que vous voyez mais plutôt de vous servir de vos vies, et par extension de votre art, comme moyen de propagation de la paix.

Bien qu’il soit vrai que les problèmes auxquels le monde fait face sont complexes, y répondre par la paix est simple : ça commence par soi-même. Vous n’avez pas besoin de vivre dans un pays du tiers-monde ou de travailler pour une ONG pour faire une différence. Chacun de nous a une mission qui lui est propre. Nous sommes les pièces d’un casse-tête géant et changeant, où la plus petite des actions de l’une d’elles affecte profondément chacune des autres. Vous êtes importantes, les gestes que vous posez sont importants, votre art est important.

Nous souhaitons préciser que bien que cette lettre ait été écrite avec un auditoire artistique en tête, ses idées transcendent les classes professionnelles et s’appliquent à tous et toutes, indépendamment de la profession.

D’abord, s’éveiller à sa propre humanité

Nous ne sommes pas seuls. Nous n’existons pas seuls et nous ne pouvons créer seuls. Ce dont ce monde a besoin est un éveil humaniste mu par un désir d’améliorer les conditions de vie de tous et toutes; un lieu où nos actions prennent racine dans l’altruisme et la compassion. Vous ne pouvez vous cacher derrière une profession ou un instrument : vous devez être humain. Appliquez-vous à devenir aussi bon humainement que possible. Par ce processus, vous découvrirez une riche source d’inspiration prenant ses fondements dans le fait complexe et étrange de notre simple existence sur cette planète. À ce titre, la musique n’est qu’une goutte dans l’océan de la vie.

Partez à la conquête du chemin le moins fréquenté

Le monde a besoin de nouvelles voies. Ne vous permettez pas d’être détournée par une rhétorique bon marché, de fausses croyances et illusions dictant comment votre vie doit être vécue. C’est à vous d’être les pionniers. Que ce soit par l’exploration de nouveaux sons, rythmes et harmonies, ou par des collaborations, processus et expériences inattendues, nous vous encourageons à abandonner la répétition sous toutes ses formes et répercussions négatives. Visez à créer de nouvelles actions, musicalement comme sur le chemin de votre vie. Ne vous conformez jamais.

Accueillir l’inconnu

L’inconnu requiert une improvisation émergeant sur le coup ou encore un processus créatif offrant un potentiel d’expression et d’épanouissement sans pareil. Il n’y a pas de répétition générale pour la vie, car la vie elle-même est la vraie répétition. Chaque relation, obstacle, interaction, etc. est une répétition préparant à la prochaine aventure de la vie. Tout est interrelié. Tout peut servir. Rien n’est jamais perdu. Entretenir ce genre de pensée requiert du courage. Soyez courageuses et ne perdez pas votre faculté d’émerveillement et d’égard pour ce monde merveilleux qui nous entoure.

Comprenez l’origine des obstacles

Nous nous faisons une idée de l’échec, mais elle n’est pas vraie; c’est une illusion. Il n’y a pas de chose telle que l’échec. Ce que vous percevez comme un échec est, en fait, une nouvelle opportunité, un nouveau jeu de cartes, un nouveau canevas sur lequel créer. Dans la vie, les possibilités sont infinies. Les mots « succès » et « échec » ne sont rien de moins que des étiquettes. Chaque moment recèle une opportunité. Vous, en tant qu’être humain, n’avez pas de limite, donc il existe des possibilités infinies en toute circonstance.

N’ayez pas peur d’interagir avec celles qui sont différentes de vous

Le monde a besoin de plus d’interactions « un à un » entre des gens d’origines diverses dialoguant de sujets tels que l’art, la culture et l’éducation. Nos différences sont ce que nous avons en commun. Nous pouvons créer un endroit ouvert et pérenne où tous peuvent partager idées, ressources, attention [toughtfulness] et gentillesse. Nous devons créer des liens avec tout un chacun, apprendre de tout un chacun et expérimenter la vie avec tout un chacun. Nous ne pourrons jamais établir la paix sans la compréhension de la douleur résidant dans le cœur de chacun. Plus nous interagirons, plus nous réaliserons que notre humanité transcende nos différences.

Visez à créer un dialogue libre de toute attente

L’art sous n’importe quelle forme offre un moyen d’établir un dialogue, ce qui fait donc de l’art un outil puissant. Il est temps pour le monde de la musique de créer des histoires sonores évoquant les mystères de notre humanité. Quand nous parlons des mystères de notre humanité, nous voulons dire réfléchir et remettre en question les peurs qui nous empêchent de découvrir la source infinie de courage reposant en chacun de nous. Oui, vous avez ce qu’il faut. Oui, vous êtes importante. Oui, vous devriez continuer.

Faites gaffe à l’égo

L’arrogance peut se développer chez les artistes, entre autres chez celles et ceux qui croient que leur statut les rend plus importants, ou encore chez celles et ceux qui pensent qu’évoluer dans un certain milieu artistique leur permet d’exercer sur les autres une sorte de supériorité. Faites attention à l’égo : la créativité ne peut surgir quand seul l’égo est comblé.

Travaillez vers une industrie sans frontières

Il y a dans le domaine médical une organisation nommée Médecins sans frontières. Cet effort louable peut servir de modèle pour transcender les limites et stratégies de vieilles formules d’affaires consistant à perpétuer les anciens systèmes aux dépens des nouveaux. Nous nous adressons directement au système en place, un système qui conditionne les consommateurs à acheter les produits qu’on dicte comme étant vendables, un système où l’argent est seulement un moyen d’obtenir une fin. L’industrie de la musique est une fraction de l’industrie de la vie. Vivre selon une intégrité créatrice peut engendrer des bienfaits jamais entrevus.

Reconnaissez la valeur de la génération précédente

Vos ainées peuvent vous aider. Ils et elles sont une source de richesse à l’état de sagesse. Ils et elles ont traversé tempêtes et peines d’amour; laissez leurs combats devenir des lumières qui éclairent votre chemin dans le noir. Ne perdez pas de temps à répéter leurs erreurs. À la place, apprenez de ce qu’ils ont fait et catapultez-vous dans la construction progressive d’un monde meilleur pour la progéniture à venir.

Vivez dans un état d’émerveillement constant

En vieillissant, certaines parties de notre imagination ramollissent. Que ce soit causé par la tristesse, une lutte incessante, ou encore un conditionnement social, il arrive qu’en chemin l’on oublie la façon d’accéder à la source de magie inhérente à notre esprit. Ne laissez pas cette partie de votre imagination s’estomper : regardez les étoiles et imaginez l’émotion que vous auriez en tant qu’astronaute ou pilote; imaginez-vous explorant les pyramides ou le Machu Picchu; imaginez-vous volant comme un oiseau ou traversant un mur comme Superman; imaginez-vous courant avec les dinosaures ou nageant telles des créatures marines. Tout ce qui existe est le fruit de l’imagination de quelqu’un; choyez et entretenez la vôtre, et vous serez en permanence sur le précipice de la découverte.

Vous vous demandez « comment tout ceci peut nous mener à une société paisible. » Ça commence par une visée. Votre visée a pour effet de façonner votre future et celui de celles et ceux qui vous entourent. Soyez les leaders du film de votre vie. Vous êtes la réalisatrice, la directrice et l’actrice. Soyez audacieuses et faites preuve d’une compassion incessante tout en dansant dans le voyage que représente cette existence.

 

Traduction libre S. Picard

Source : http://nesthq.com/wayne-shorter-herbie-hancock-open-letter/

On parle de Gloria dans La Tribune.

«Si on voulait qualifier le travail du compositeur et guitariste de jazz Sylvain Picard, on pourrait parler d’audace, d’inspiration, de poésie… »

Gloria
Ensemble Sylvain Picard
Sylvain Picard – compositions et guitare
Yannick Rieu – saxophones ténor et soprano
Maxime St-Pierre – trompette et bugle
Guy Boisvert – Contrebasse

Concert
Mardi 22 mars, 20h
Le Théâtre Centennial

Billets : http://tinyurl.com/z27x486

www.sylvainpicard.com/gloria

La fabrique Culturelle

Récemment, j’étais à Sherbrooke pour effectuer une tournée des médias afin d’y présenter Gloria.

À la tombée de la journée, à l’heure où la lumière se fait orangée, La Fabrique culturelle était là pour capter un extrait de Gloria avec la qualité qu’on leur connait. (Clique sur l’image pour l’écouter)

Merci à la pétillante Sonia Patenaude et à toute l’équipe du Théâtre Centennial pour l’organisation de cette riche et vivifiante journée.

Sylvain Picard et les poètes luddites

Éclairage tamisé, paysages sonores oniriques, rêves électriques… C’est le 12 mars lors d’un 5 @ 7 que nous aurons le plaisir braque de présenter des compositions bringuebalantes dans une ambiance feutrée et conviviale.  Au menu musical, on retrouvera des tounes de John Zorn, Marc Ribot, Bill Frisell, une sélection triée sur le volet parmi les deux derniers albums de Sylvain Picard et des poèmes de Patrice Desbiens. Ça se passera dans l’enceinte de la mythique boutique l’Oblique.

Mathieu Deschenaux – contrebasse et effets
Charles Duquette – percussions
Sylvain Picard – guitare et effets

Pour les vieux enfants et les jeunes diplômés, une nouvelle tranche horaire de cours est offerte en journée samedi (Villeray et Vieux-Rosemont).

Fonctionnement

Dès le premier cours, je dresse un « diagnostique musical » et, ensemble, nous élaborons un plan d’apprentissage réaliste dans lequel tu y apprends ce que tu veux.

Parmi les sujets les plus populaires, il y a :
– Stevie Ray Vaughan, Les douze hommes rapaillés, Bon Iver, Joe Bonamassa, Harmonium et autres.
– Les bases : le son, le phrasé et le rythme; la respiration et la posture;
– L’aspect pratique : les gammes, accords, arpèges et triades; le picking et fingerpicking;
– La théorie : la construction des gammes et des accords, les portées, les particularités du jazz;
– Jouer à l’oreille;
– Improvisation;
– Les philosophies d’interprétation

C’est du sérieux plaisir!

Alors, que veux-tu apprendre?

Tarifs
15 cours d’une heure = 575$ (payable en un versement)
un cours d’une heure = 40$

Au plaisir d’avoir de tes nouvelles!
Sylvain Picard
514-651-3003

Formulaire d’inscription / question

[contact-form to=’info@elixirmusiques.com’ subject=’À propos des cours de guitare’][contact-field label=’Nom’ type=’name’ required=’1’/][contact-field label=’Courriel’ type=’email’ required=’1’/][contact-field label=’Inscription/question’ type=’textarea’ required=’1’/][/contact-form]

En échantillon, voici quelques billets
L’accompagnement jazz : ça doit danser
les sept blocs de la gamme de Do majeur en détail
les blocs de la gamme de Do majeur
Pratiquer les gammes différemment
Quelques questions à l’attention du musicien qui a atteint un «plateau»…
Les blocs et la guitare – vers l’improvisation…
Bonus : Pensée du vendredi – L’esprit du gourmet

Une critique de Gloria dans le Journal Le Mouton Noir (par Jacques Bérubé)

« Sylvain Picard est l’un des secrets les mieux gardés du jazz au Québec. Et comme le jazz au Québec relève parfois lui-même du secret, notre type, guitariste compositeur de son état, commence à être difficile à tracer. Bien sûr, la présence d’un bon et grand festival de jazz en cette cité — dite du bonheur — de Rimouski pourrait aider à la découverte, mais… pas t’encore.

MÈCHE ALLUMÉE

J’ai connu Sylvain Picard par l’album de son trio, Airs à faire frire, librement inspiré de la suite Airs à faire fuir d’Erik Satie et saluant tout autant son professeur de kung-fu que Saint-Exupéry et les réalisateurs de films expérimentaux. Une belle trouvaille qui rappelait au vieux rocker que je suis une certaine époque de King Crimson mais aussi la musique bigarrée dite « jazz blanc » des Terje Rypdal et autres Abercrombie de l’écurie ECM.

La dernière œuvre de Sylvain Picard, Gloria, a été produite par Note Musik de Rimouski. La composition et l’enregistrement —impeccable! — de Gloria découlent d’une commande de « messe jazz de rite catholique romain » reçue de l’église du Gésu, qui est aussi une salle de production culturelle, de Montréal. Mais attention, ce n’est pas un disque pour grenouilles de bénitier, et les amateurs de belle musique, mécréants compris, y trouveront leur compte. C’est un album concept défini par son compositeur comme « une suite jazz luxuriante de dix films pour l’oreille jouée par quatre musiciens complices ». Outre Sylvain Picard à la guitare et à la composition, les autres célébrants — ceci était ma dernière allusion cléricale  — sont Yannick Rieu aux saxophones, Maxime St-Pierre à la trompette et au flugelhorn et Guy Boisvert à la contrebasse. Belle brochette!

Oui, les titres réfèrent à une messe : Kyrie, Agnus dei, Offertoire, Psaume, Action de grâce, etc., mais j’oserais dire que ce sont là les seules références à l’église. Dans le livret, Sylvain Picard parle de l’une de ses intentions de création — pour la pièce Alléluia — : « dépeindre musicalement l’émotion vivifiante que l’on ressent en contemplant les jeux d’ombre et de lumière dans les feuilles, les fleurs et les fruits d’un arbre luxuriant. »

Ça coule, ça transporte, ça touche, ça atteint son but. Nous sommes avec Gloria en contact intime avec une grande œuvre musicale, recherchée et très inspirée. C’est d’ailleurs probablement dans ce dernier qualificatif que réside sa connotation la plus spirituelle. »

 

 

Depuis quelques jours, la mélodie de cette pièce de Daniel Bélanger me trottait dans la tête. J’avais donc envie de me l’approprier et de la partager.