Livret français

Salut !

N’est-ce pas une chose merveilleuse que l’évolution? La recherche et le développement…

Chacune de ces pièces a été composée comme un petit film. Elles mettent en scène différentes humeurs ou sensations ressenties lors de situations parfois cocasses ou parfois louches. Par exemple, Petite milonga pour coquettes et machos a été composée en ayant à l’esprit un voyou aux mœurs douteuses dont les allées et venues dans l’appartement adjacent au mien ne manquaient pas de piquant…

Saluant au passage les films expérimentaux, la suite Airs à faire frire a été composée lors de recherches visant à démystifier la sonorité bringuebalante des compositions d’Érik Satie. Une de mes trouvailles fut la suite en trois mouvements s’intitulant Airs à faire fuir… En guise de clin d’oeil à l’ami Satie, j’ai composé Airs à faire frire, une suite en trois mouvements. Afin d’établir un univers brindezingue dans le premier mouvement de la suite, l’introduction commence par une improvisation sonore : tous les musiciens ne font que créer des textures sonores à partir de leur instrument, aucun d’eux ne joue de notes… Les deux autres mouvements conservent une attitude siphonnée, les titres aidant : Satie l’insatiable ne danse pas du ventre et Rencontre de funambules.

Sortons de cet espace braque et visitons un espace de contemplation. Ma passion des arts martiaux chinois et de leurs philosophies m’a amené à m’intéresser au mandarin. L’automne du cœur a été composée à partir des images évoquées par le caractère chinois 愁 (chóu). L’idéogramme nommant l’automne, 秌 (qiū), est formé par la combinaison des mots céréales 禾 (hé) et feu 火(huǒ). Lorsque l’on ajoute le cœur 心 (xīn) sous l’automne 秌 (qiū) on obtient 愁 (chóu) ou l’automne du cœur. N’est-ce pas une délicieuse image pour décrire la mélancolie?

J’ai écrit Annie et les oiseaux en l’honneur de mon instructeur de Kung Fu, Monsieur Yang.

Après avoir contemplé, on examine le comportement humain… Vol de nuit, Hyperformance et L’art de se peinturer dans le coin ont toutes été composées pour des concerts que je donnais en solo à l’église du Gesù en 2011. Vol de nuit est dédiée au pilote, écrivain et enfant-éternel St-Exupéry. Hyperformance a été écrite avec en tête ces hommes et ces femmes qui se consacrent corps et âme à un travail (que souvent ils n’aiment pas) en occultant en tout ou en partie les autres aspects de leur vie. (Leur attitude me fait penser à celle de la souris dans son carrousel.) L’art de se peinturer dans le coin met en scène une personne qui peint l’ensemble d’une pièce, puis qui, sans y réfléchir, ne voulant pas marcher sur la peinture fraîche, se retrouve prisonnière dans un coin…

La pièce Le marchand de rêves phénicien est née d’un exercice de composition. Un rythme en 6/8 et le mode de Mi phrygien étaient imposés, le reste est le fruit d’expérimentations. A vous de me dire les images qu’elle évoque.

Dans C’est comme ça, [dont le titre complet est C’est comme ça, on n’y peut rien. Les choses sont comme elles le sont, même si on voulait que ça soit autrement, c’est comme ça] le titre dit tout.

Voilà ! Cet album contient un diaporama musical de plusieurs tranches de vie. Pour reprendre une expression de Claude Fradette (guitariste de Richard Desjardins,) la musique c’est du cinéma pour les aveugles.

Venez me dire bonjour lors de notre prochain passage dans votre coin !

Salut bien,
Sylvain

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